Acheté par les éditeurs du monde entier avant même sa sortie, « C’était ça ou mourir », grand livre de l’exil, signe l’entrée en littérature magistrale de l’écrivain québécois d’origine haïtienne ★★★☆☆
L’écrivain québécois Thélyson Orélien a lui-même quitté Haïti après le séisme de 2010. JF PAGA/GRASSET
Pour aller plus loin
Abandonner son pays en flammes, franchir les frontières comme autant d’enfers, se faire dépouiller, exploiter, réduire à un simple numéro, à un code-barres… Pour Jonas Dorléon, « c’était ça ou mourir », titre de l’époustouflant premier roman du Québécois Thélyson Orélien. Tant d’horreurs, de peines, d’humiliations et de misère derrière ce « ça », mais tout sauf la mort, crie chaque phrase de cette épopée dantesque et somptueuse. Une nuit, Jonas Dorléon, professeur d’histoire-géographie, n’a plus d’autre choix que de fuir Haïti. Il lui faut courir pour échapper aux balles des gangs et à l’incendie qui dévaste son quartier de Carrefour-Feuilles ; courir sans se retourner : « […] j’ai décidé de partir, comme on arrache une dent, comme on se coupe un bras, comme on dit adieu à sa langue maternelle. […] Pas pour devenir riche, ni pour vivre mieux. Juste pour vivre. Point. » Le début d’un long voyage au bout de l’inhumain.
République dominicaine, Brésil, Pérou, Equateur, Costa Rica, Mexique… Chaque Etat parcouru s’apparente à une station sur un chemin de croix : passeurs plus diaboliques que Satan, traversée sur un radeau de fortune, calvaire sans fin dans la jungle du Darién entre la Colombie et le Panama, menace con…
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