Au terme d’une finale de Super XIII intense et indécise, Pia a décroché son cinquième titre de champion de France après prolongation face à Carcassonne (31-30), grâce à un drop décisif de Théo Fages.
Au terme d’une finale de Super XIII intense et indécise, Pia a décroché son cinquième titre de champion de France après prolongation face à Carcassonne (31-30), grâce à un drop décisif de Théo Fages.
C’est une finale de Super XIII heurtée et engagée qui a couronné Pia XIII Baroudeur (31-30). Une finale allée aux prolongations et qui a trouvé son dénouement sur un drop. Celui de Théo Fages, synonyme de sacre. Celui de champion de France pour une équipe qui évoluait encore en Élite 2 il y a quatre ans. Les organisateurs avaient eu le nez creux en programmant cette finale trois heures avant la rencontre de Super League. Ce scénario haletant a tenu toutes ses promesses jusqu’au bout. L’expérience de Théo Fages, lui qui a tout gagné en Super League, a fini par faire la différence. Recruté pour remettre Pia au sommet, l’ancien joueur des Saints a parfaitement rempli sa mission.
Ce samedi, dès le coup d’envoi, les acteurs de cette finale parisienne se sont livrés sans retenue. Du combat, du vrai, avec trois cartons jaunes distribués en première période, entre deux formations redoutables galvanisées par l’événement. Une finale à Paris suffit parfois à transcender les corps et les esprits. L’entame est largement dominée territorialement par une formation de Pia inspirée autour de son tandem Chachoua-Fages. Mais les Catalans se heurtent, durant ce premier quart d’heure, à une défense carcassonnaise parfaitement en place, qui sauve trois essais. Trop agressifs, les joueurs de Fred Camel perdent néanmoins deux éléments sur carton jaune avant la pause. En supériorité numérique, Pia ne s’affole pas. Ce sont même les Audois qui manquent d’ouvrir le score avec un essai refusé à Escaré pour un en-avant. Carcassonne se retrouve ensuite à onze contre treize, enchaînant des séquences défensives dignes des plus grands gladiateurs de ce sport. À force de défendre, Carcassonne a fini par céder du terrain face aux Catalans. Les Salanquais mettent près de trente minutes à trouver la faille avant de doubler la mise en trois minutes grâce à David Pena et Yacine Ben Abdeslem.
Mais Pia aussi passe à la faute. Damien Huescar écope d’un carton jaune et les Audois profitent de leur supériorité numérique pour revenir à hauteur grâce au doublé de Paul Séguier (30e, 36e). Deux réalisations inscrites face à une défense catalane trop friable sur son côté gauche. À la pause, le score de 12-12 reflète parfaitement l’équilibre des débats, même si Pia peut nourrir des regrets après avoir laissé filer son avance. Dominer n’est pas gagner et, dans les vestiaires, les techniciens insistent sans doute sur ce point. Dès la reprise, les défenses maîtrisent davantage leurs excès. Les espaces restent rares et, des deux côtés, les packs jouent des coudes tandis que les meneurs de jeu s’engagent sans ménagement.
Quand les demis s’en mêlent, tout devient plus clairFages et Chachoua attaquent la ligne, tandis que leurs vis-à-vis Albert et Herréro sont dans tous les bons coups. On sent pourtant que la rencontre peut basculer à tout moment. C’est alors que Théo Fages sort de sa boîte et envoie Loan Castano derrière la ligne (18-12, 54e). Encore une fois, Carcassonne démontre sa capacité de réaction. Lucas Albert se montre le plus opportuniste, puis Clément Herréro efface trois défenseurs verts et rouges pour offrir aux siens leur premier avantage de l’après-midi à l’heure de jeu.
Sans surprise, ce second acte ouvre davantage les espaces. Cette fois, c’est Damien Huescar qui en profite pour plonger en coin. Les Audois, pourtant encore en infériorité numérique après le carton jaune de Morgan Escaré, trouvent malgré tout la solution en force par Maika Serulevu. Pia lance alors un ultime assaut pour renverser le destin, mais la défense salanquaise veille, à l’image de Rogers-Smith sur Ilas Bergal. Cette fin de match électrique est finalement celle du funambule Damien Huescar, qui s’élève plus haut que tout le monde pour aplatir le ballon de l’égalisation à trente secondes du terme.
Les prolongations offrent un dernier acte étouffant où chaque camp croit tenir le titre. Elles finissent par sourire à Théo Fages, auteur du drop libérateur qui envoie Pia au septième ciel. Celui du titre pour un club qui succède à Albi et retrouve les sommets au pied du célèbre clocher, treize ans après son dernier sacre.