Lycéens, étudiants et personnels sont appelés à se mobiliser ce mardi 6 octobre. L’Union syndicale lycéenne et l’Union étudiante appellent à une nouvelle journée d’action, soutenue par la FSU, la CGT, FO, Solidaires...
Lycéens, étudiants et personnels sont appelés à se mobiliser ce mardi 6 octobre. L’Union syndicale lycéenne et l’Union étudiante appellent à une nouvelle journée d’action, soutenue par la FSU, la CGT, FO, Solidaires et SUD, avec des blocages et rassemblements attendus dans plusieurs villes d’Occitanie
"On nous entend, on nous voit, mais on ne nous écoute pas." La mobilisation lycéenne a encore été marquée par des tensions ce lundi 5 octobre : à Lens, un lycéen de 15 ans a eu la main arrachée, tandis qu’à Nîmes, plusieurs jeunes ont été interpellés dans la matinée. Mais le mouvement doit repartir ce mardi 6 octobre. L’Union syndicale lycéenne et l’Union étudiante appellent à une nouvelle journée de mobilisation, soutenues par la FSU, la CGT, FO, Solidaires et SUD.
À Nîmes, "chaque lycée va commencer la matinée en faisant blocage", explique à Midi Libre Chiara, élève de terminale au lycée technologique de Dhuoda. Les groupes devraient ensuite se retrouver dans la ville, notamment vers Albert-Camus, avant une mobilisation dans l’après-midi. À Carcassonne, difficile de promettre des blocus partout. "C’est vraiment à géométrie variable", reconnaît Alban, coresponsable du pôle lycée du collectif Nous Carcassonne. Le lycéen de 17 ans, élève de terminale à Paul-Sabatier, s’attend tout de même à voir "beaucoup de jeunes" se mobiliser.
"La fin de la sélection sociale et raciste en licence"Derrière les blocages, les revendications se recoupent : fin de Parcoursup, professeurs non remplacés, manque d’infirmières, de psychologues scolaires ou encore d’AESH, emplois du temps surchargés et bâtiments dégradés. À Dhuoda, Chiara raconte avoir vu "des morceaux de coursives" tomber pendant les cours. Certaines parties du lycée sont aujourd’hui soutenues, selon elle, par "plus de 150 étais". Dans les salles au début de l’été, "on est monté à plus de 38 degrés" et l’hiver, certaines classes peuvent tomber "en dessous de la barre des 10 degrés". À l’internat, "l’eau n’est même pas potable dans les éviers" et plusieurs douches ne fonctionnent plus, confie la jeune fille.
À Montpellier, les étudiants portent une partie des mêmes revendications. Théo Haffner, membre du Syndicat de combat universitaire de Montpellier (Scum), s’attend à ce qu’"au moins, l’université Paul-Valéry soit bloquée" mardi et que d’autres universités suivent. Le Scum réclame notamment "la fin de Parcoursup et de la sélection sociale et raciste en licence", une hausse des bourses, le maintien du repas à un euro, la préservation des APL et dénonce les "frais d’inscription racistes de 3 000 et 4 000 euros en master pour les étudiants internationaux".
A Béziers, une nouvelle manifestation est prévue au départ du lycée Jean-Moulin, établissement qui devrait être fermé (cours en distanciel). Dès 7 h 30, l’Union locale de la CGT devrait être présente (avec un service d’ordre), aux côtés de Solidaires et FSU… Les enseignants seront aussi mobilisés. Le cortège s’élancera vers 10 heures, il passera par la Bourse du travail avant de rejoindre le Champ de Mars pour les prises de parole des lycéens. "La parole des jeunes est très peu prise à hauteur des revendications et de l’importance qu’elle devrait avoir", estime, pour sa part, Alban depuis Carcassonne. Il dénonce aussi "l’instrumentalisation médiatique et politique" du mouvement, expliquant que les lycéens carcassonnais se mobilisent aussi "en solidarité" avec ceux qui dénoncent ailleurs la vétusté de leurs établissements.
"La violence dessert la mobilisation"Au fil des journées de mobilisation, un autre front s’est ouvert : celui de la répression policière. À Nîmes, Chiara assure que cela ne "changera pas grand-chose" à leur stratégie mardi, même si des précautions ont été prises. "On ne devrait même pas réfléchir à avoir des protections contre la police".
"On achète des paquets de sérum physiologique", explique Alban. Des masques sont également distribués et les interventions de police filmées "pour avoir une trace".
À Montpellier, Théo Haffner dénonce aussi une "très forte répression" des forces de l’ordre, évoquant des gazages et des interventions "très musclées". Une autre raison qui pousse les étudiants à rejoindre le mouvement et à "venir en soutien" des lycéens, souligne-t-il. Dans l’Aude, le collectif Nous Carcassonne se prépare : "On achète des paquets de sérum physiologique", explique Alban. Des masques sont également distribués et les interventions de police filmées "pour avoir une trace". Le collectif vérifie aussi les numéros RIO des policiers.
Le collectif audois veut maintenir une ligne non violente, explique à Midi Libre son coordinateur Yassin El Kdim qui appelle à une mobilisation "pacifique et républicaine". L’étudiant estime que "la violence dessert la mobilisation" et demande aux adultes, parents comme enseignants, de venir "soutenir et protéger" les lycéens. "Le pacte républicain et social ne peut pas fonctionner si, à chaque fois qu’il y a un mouvement social, notamment de jeunes, on cherche à les faire taire", insiste-t-il. Le collectif réclame donc "d’ouvrir le dialogue", y compris au niveau local avec la préfecture et les représentants de l’Éducation nationale.
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Pas question enfin d’en rester à mardi. "Ils sont en train de détruire notre avenir. On n’a pas envie que notre futur soit déplorable, lâche Chiara. On continuera tant qu’on n’aura pas de réponse." À Carcassonne, Alban avertit lui aussi que sans réponse, la mobilisation sera "beaucoup plus longue" et "beaucoup plus intense" : "C’est dans leur intérêt de nous écouter".
À Montpellier, même détermination : "On continuera de se mobiliser jusqu’à obtenir satisfaction et on ne se contentera pas de quelques miettes lâchées par-ci, par-là pour nous calmer", prévient Théo Haffner.