Une enquête publiée ce lundi 6 octobre par la cellule investigation de Radio France et le réseau ICI s’est penchée sur la présence de PFAS dans des œufs prélevés partout en France.
Une enquête publiée ce lundi 6 octobre par la cellule investigation de Radio France et le réseau ICI s’est penchée sur la présence de PFAS dans des œufs prélevés partout en France.
Des polluants éternels jusque dans les œufs. Une vaste enquête menée par la cellule investigation de Radio France et le réseau ICI révèle que près de 60 % des 91 œufs analysés en France contiennent des PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées, surnommées "polluants éternels"). Plus d’un échantillon sur quatre dépasse même les seuils réglementaires.
Des polluants éternels dans les œufsEntre janvier et juillet 2026, 91 œufs prélevés partout en France ont été confiés au laboratoire agréé Labocéa. Au total, 52 contenaient au moins l’un des quatre PFAS recherchés et 23 dépassaient les normes de qualité. Les dépassements concernent beaucoup plus souvent des œufs de particuliers que ceux provenant de producteurs, expliquent nos confrères.
Les niveaux de PFAS les plus spectaculaires ont été mesurés à Haraucourt dans les Ardennes où les œufs d’un couple de maraîchers affichaient une concentration près de 40 fois supérieure à la norme. À Pierre-Bénite dans le Rhône, en aval du "couloir de la chimie", un autre échantillon dépassait le seuil d’environ dix fois. À Communay, à une quinzaine de kilomètres, le niveau relevé était encore deux fois supérieur à la norme.
Et en Occitanie ?L’Occitanie n’est pas épargnée. Au Boulou, dans les Pyrénées-Orientales, l’œuf prélevé chez un particulier présente une concentration totale de 4,50 µg/kg de PFAS, pour une limite fixée à 1,70 µg/kg. La contamination provient presque entièrement du PFOS (polluant chimique de la famille des PFAS), mesuré à 4,39 µg/kg, soit plus de quatre fois le seuil autorisé. Le Boulou figure parmi les endroits où les taux mesurés sont les plus élevés.
À Martres-Tolosane, en Haute-Garonne, l’échantillon a atteint 1,70 µg/kg au total, avec un dépassement du PFOS, mesuré à 1,14 µg/kg pour une limite de 1 µg/kg. À Nîmes, des PFAS ont également été détectés, mais à un niveau conforme de 0,30 µg/kg. À l’inverse, aucun des quatre polluants recherchés n’a été détecté dans l’œuf provenant d’un producteur de Mas-de-Londres, dans l’Hérault.
Les poules de particuliers sont davantage exposées : elles grattent la terre et mangent des insectes et des vers de terre susceptibles d’être contaminés par une pollution des sols. Un dépassement des seuils réglementaires ne signifie pas qu’une personne tombera automatiquement malade après avoir consommé un œuf, mais il constitue un signal d’exposition à ces substances extrêmement persistantes. Depuis 2023, l’Union européenne fixe des seuils maximaux pour quatre PFAS dans plusieurs aliments, dont les œufs.