Venu de Gironde pour "jober" sur un point de deal notoire du Gard, un jeune homme écope, devant le tribunal correctionnel d’Alès, d’une peine mixte et d’une interdiction de revenir dans le département.
Venu de Gironde pour "jober" sur un point de deal notoire du Gard, un jeune homme écope, devant le tribunal correctionnel d’Alès, d’une peine mixte et d’une interdiction de revenir dans le département.
Il est originaire de Libourne et se retrouve, ce lundi 5 octobre, dans le box du tribunal correctionnel d’Alès après avoir été placé en détention provisoire la veille. Cet individu âgé de 26 ans avait été interpellé dans la soirée du 2 octobre, vers 20 heures, lors d’une opération de surveillance discrète des fonctionnaires du commissariat de police, sur le point de deal notoire de la rue du Lozère, dans quartier des Cévennes, alors qu’il était en train de faire le guet.
"À la base, je ne suis pas venu pour "jober"…", déclare-t-il, en indiquant être venu à Alès pour rencontrer une fille dont il peine à se souvenir le prénom, avant de se perdre dans ses explications. Finalement, il concède à ses juges qu’il a fait le trajet depuis la Gironde jusqu’au pied des Cévennes "avec les réseaux sociaux". Le jeune homme, déjà condamné à deux reprises, incarcéré trois fois et en état de récidive, ajoute : "Ça a été stupide de ma part. Je ne ferai plus jamais ça. Je n’ai jamais travaillé dans un point de deal. Quand j’ai réalisé que j’étais sur un point de deal, j’ai pensé que je n’ai rien à faire avec ça…"
Le substitut reste insensible à la tentative de séductionLa tentative de séduction ne prend pas auprès du parquet qui le qualifie de personne "alléchée par l’argent sale du trafic de stupéfiants". Quentin Larroque, le substitut du procureur de la République, rappelle aux magistrats du siège que pour que ce Libournais reconnaisse avoir fait le "chouf", "il a fallu beaucoup de patience". Il requiert, à l’encontre de celui qui encourt jusqu’à vingt ans d’emprisonnement, dix mois de prison, un maintien en détention et une interdiction de paraître dans le Gard durant cinq ans.
Me Joris Numa précise que sur les points de deal, "celui qui crie "arah", c’est le plus petit des échelons". L’avocat de la défense développe que "c’est vraiment que vous êtes un débutant", qu’il s’agit d’un rôle généralement attribué à un adolescent, alors que son client a 26 ans. "Il sait que ce qu’il a fait n’est pas bien. Il a conscience d’avoir fait quelque chose de stupide !" Pour le prévenu au sujet duquel il estime qu'"on a vu pire", il plaide un aménagement ab initio sous bracelet électronique, voire seulement un sursis probatoire renforcé.
Le prévenu aux juges : "Merci pour votre indulgence"Après en avoir délibéré, le tribunal condamne ce Girondin à deux ans de prison, dont un avec sursis probatoire, assortis d’une interdiction de se rendre dans le département durant cinq ans. Quant à la partie ferme de la peine, elle est aménagée ab initio sous bracelet électronique, comme souhaité par l’avocat. Avant de quitter le box pet de rejoindre la maison d’arrêt pour sa levée d’écrou, puis recouvrer la liberté, le guetteur se tourne vers les juges : "Merci pour votre indulgence."