Face à la flambée des prix du carburant à Perpignan, où le gazole atteint 2,57 euros le litre, les Catalans se tournent massivement vers les véhicules électriques. Les concessions, notamment spécialisées dans...
Face à la flambée des prix du carburant à Perpignan, où le gazole atteint 2,57 euros le litre, les Catalans se tournent massivement vers les véhicules électriques. Les concessions, notamment spécialisées dans l’électrique d’occasion, constatent une explosion de la demande.
Les chiffres donnent le tournis. Jusqu’à 2,57 euros le litre de gazole et 2,47 euros pour le sans-plomb 95 relevés à Perpignan. Pour un réservoir de 50 litres, la facture peut ainsi atteindre 128,50 euros pour un plein de gazole et 123,50 euros pour un plein de SP95. De quoi faire réfléchir… Une flambée des prix à la pompe qui se ressent dans les concessions de véhicules d’occasion des Pyrénées-Orientales où, plus que jamais, ça se bouscule au portillon pour passer à l’électrique.
Patrick Vrel, commercial chez Attirance Auto à Casbestany : "On peut clairement dire que la demande a explosé".
À Cabestany, chez Attirance Auto, ce changement est perceptible depuis plusieurs mois. "Il y a quelques mois, les gens trouvaient tous les défauts du monde à ces véhicules. Aujourd’hui, on a beaucoup plus de demandes. Les gens sont très demandeurs", constate Franck Vrel, commercial.
On peut clairement dire que la demande a explosé
Un virage qui a conduit l’enseigne à adapter son parc. "Avant le printemps, on ne vendait que des véhicules thermiques. On a doucement commencé à proposer de l’électrique aussi, vu que la demande a vraiment augmenté. On peut clairement dire que la demande a explosé. Payer 2,40 euros le litre, ça leur pose problème. Même à des gens qui roulent peu", assure le commercial.
Chez Attirance Auto, certains clients préfèrent y aller doucement. Et se tournent d’abord vers l’hybride. Notamment lorsqu’ils vivent en appartement et ne disposent pas d’une solution de recharge à domicile. "C’est une transition moins violente que de passer en tout électrique d’un coup."
Chez Ewigo Perpignan, également spécialisé dans les véhicules d’occasion, le topo est le même. Pour Conrad Leroy, commercial, les électriques "partent beaucoup plus" qu’auparavant. "Dès qu’on a de l’électrique qui rentre, ça sort quasiment aussitôt. Le coût d’utilisation et celui de l’entretien figurent parmi les arguments régulièrement avancés par les acheteurs."
Assurances moins chères, frais d’entretien réduitsCes arguments, Ambre les a bien étudiés. La Catalane de 33 ans s’apprête ainsi à abandonner son véhicule thermique pour une Nissan Micra électrique. Un choix directement lié à la flambée des prix de l’essence. "Comme mon mari a une voiture thermique, on s’est dit que ce serait bien d’avoir une voiture électrique pour diminuer les dépenses." Avec son ancienne voiture, son plein est passé d’environ 45 à 60 euros. Et comme elle faisait deux à trois pleins par mois, la facture atteignait environ 150 euros. "C’est quand même un budget. Et c’est à peu près ce que je vais payer en prenant ma voiture électrique en LOA par mois mais le coût de l’assurance sera moins cher et les frais d’entretien réduits". Mais surtout, Ambre pourra recharger chez elle grâce à ses panneaux solaires. "Je pense que ce sera plus avantageux pour nous."
Passé à l’électrique il y a trois ans, le Perpignanais Victor explique avoir d’abord fait ce choix pour des raisons environnementales et par intérêt pour la technologie. Aujourd’hui, il est 100 % convaincu et met aussi en avant les économies réalisées. "En rechargeant principalement à domicile la nuit, j’ai réduit de 70 % mon coût lié au carburant."
Et les économies ne s’arrêtent pas là. "Tu n’as pas de vidange, tu n’as pas de boîte de vitesses, tu n’as pas besoin de gaz. Les seuls frais, ce sont les pneus, comme partout." Pour lui, le principal frein est ailleurs : "Je suis en appartement, mais j’ai un garage. Le problème aujourd’hui, c’est vraiment de pouvoir se recharger chez soi. Il faut que les copropriétés se mettent à avancer là-dessus."
Artisan au Soler, Alexis a acheté son premier véhicule électrique en 2017. À l’époque, son autonomie ne dépassait pas 120 à 130 kilomètres. Il roule aujourd’hui en Tesla Model Y Long Range et parcourt régulièrement de longues distances. "Avec les superchargeurs Tesla, la recharge va vite. Je fais beaucoup de route en plus. Pour rejoindre la Vendée depuis Perpignan, avant, on devait s’arrêter trois fois pour recharger. Avec le modèle Long Range actuel, on ne s’arrête plus qu’une seule fois".
Mais c’est surtout sur le coût d’utilisation qu’Alexis insiste. Chez lui, neuf panneaux solaires alimentent sa voiture électrique. "Ça change tout. Aujourd’hui, ça me coûte zéro euro par mois de rouler."