Malgré la publication par Mediapart de nouveaux éléments visant Jordan Bardella, accusé de messages antisémites en 2013, Marine Le Pen lui maintient sa confiance. Le président du RN continue de nier fermement et annonce de nouvelles poursuites
20 Minutes avec AFP
Publié le 03/10/2026 à 21h30 • Mis à jour le 03/10/2026 à 21h30
La candidate du RN à la présidentielle, Marine Le Pen, a affirmé ce samedi maintenir « totalement » sa « confiance » à Jordan Bardella, accusé d’avoir rédigé des messages antisémites en 2013, ce que le président du parti conteste. « J’ai totalement confiance en Jordan », a déclaré Marine Le Pen à La Tribune Dimanche.
Il s’agit de sa première prise de parole publique deux jours après la diffusion par Mediapart d’éléments d’authentification de ces écrits. Le journal en ligne avait d’abord diffusé, lundi, des captures d’écran de messages de 2013 attribués à Jordan Bardella, alors jeune militant. Des accusations qu’il réfute « formellement ».
Soutien puis retraitDans un premier temps, Marine Le Pen avait aussitôt soutenu son dauphin, dénonçant une « barbouzerie » et promettant de « démonter » des « manipulations bien lourdes et bien crasseuses », invitant même Mediapart à « enfiler son costard en Kevlar ».
Elle s’est montrée plus en retrait après les nouvelles publications de Mediapart jeudi soir. Le média en ligne s’appuie sur une extraction Meta réalisée sous constat d’huissier, observant des détails biographiques du compte (origine italienne de la mère, mention d’une interview au Parisien en 2013, échec au concours de Sciences Po) qui confirment selon lui l’identité de Jordan Bardella.
Un ticket mis à rude épreuveJordan Bardella maintient sa ligne de défense et dénonce « des montages grossiers, d’obscures captures d’écran manipulables, reprenant des propos ignobles que je n’ai évidemment jamais tenus ». Il avait ajouté dès jeudi soir : « J’ai chargé mon avocat de déposer plainte pour faux et usage de faux, en plus de la plainte déjà déposée pour diffamation ».
L’affaire vient troubler la campagne du RN, dont la candidate figure en tête des sondages de premier tour. Reconnue coupable en appel de détournement de fonds publics dans le dossier des assistants parlementaires, mais autorisée à concourir, Marine Le Pen avait désigné Jordan Bardella comme recours en cas d’empêchement judiciaire, ou comme Premier ministre potentiel en cas de victoire.
Ce duo laissait toutefois déjà transparaître des frictions depuis la confirmation, le 7 juillet, de la candidature de Marine Le Pen. Des nuances sont apparues sur les retraites ou l’interdiction du voile dans l’espace public, Jordan Bardella évoquant des « sensibilités différentes ». Les tensions s’étendent à leurs entourages : fin août, Marine Le Pen a écarté le conseiller économique François Durvye, proche de Jordan Bardella, tout en réintégrant sa nièce Marion Maréchal dans le dispositif de campagne.