Alternative moins onéreuse au fumier, le compost séduit de plus en plus d’agriculteurs. Dans le Gers, Ianis, jeune entrepreneur agricole, vient d’entamer sa première saison d’épandage dans les vignes, qui devrait...
l'essentiel Alternative moins onéreuse au fumier, le compost séduit de plus en plus d’agriculteurs. Dans le Gers, Ianis, jeune entrepreneur agricole, vient d’entamer sa première saison d’épandage dans les vignes, qui devrait durer un mois et demi. Pour limiter les coûts, il a notamment choisi un fonctionnement qui lui est propre, le carburant nécessaire aux chantiers est directement fourni par ses clients. Reportage.
"On a commencé ce matin et on en a pour un mois et demi", explique Ianis, jeune entrepreneur agricole gersois de 26 ans, qui réalise cette année ses premiers épandages dans le cadre de l’entreprise qu’il a créée. Alors que la saison vient tout juste de débuter dans les vignes, un programme chargé l’attend déjà : près de "200 heures de travail" à parcourir les exploitations viticoles du territoire.
Le compost est une pratique qui se répand de plus en plus ces dernières années. "On est sur une tendance où les gens se remettent à faire du compost, de la matière organique, des choses comme ça. Ils avaient arrêté pendant 10-15 ans et ils reviennent un peu en arrière". Ianis a donc investi dans un épandeur. "Je l'ai racheté à un confrère qui fait de l'épandage des grandes cultures. Il avait arrêté la vigne parce que ça représentait pour lui une trop grande charge de travail et il n'avait plus le temps. C'était donc un bon plan pour nous deux", sourit le jeune homme.
L'épandeur disperse quatre tonnes à l'heure dans les vignes.
DDM SEBASTIEN LAPEYRERE
Les raisons poussant vers cette méthode sont que le compost est une alternative moins onéreuse que le fumier. "C'est moins cher et plus facile à se procurer que le fumier, qui, lui, est très dur à trouver en ce moment." Les prix, eux, varient beaucoup en fonction de la localisation. Pour une tonne directement livrée dans les champs aux alentours de Lannepax, il faut envisager un budget allant de 25 à 90 euros. Des prix qui varient aussi en fonction de ce que l'on recherche. "En qualité, il y a de tout, selon le matériau, suivant la composition du compost."
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Pour son compost, Ianis utilise un mélange bio et 100 % végétal. "On y retrouve notamment les restes de sapinettes et de bois, c'est un mélange que les composteurs récupèrent, qu'ils broient, qu'ils arrosent et ça donne du compost". Son fournisseur est basé à Bordeaux (Gironde) et possède plusieurs stations dans le Sud-Ouest. Il livre directement la marchandise sur le lieu de l'épandage.
"Je me fournis directement chez les clients"Avec la flambée actuelle des prix des carburants, Ianis n'a pas laissé place aux doutes et a fait un choix stratégique pour éviter des dépenses supplémentaires. "Je me fournis directement chez les clients, je viens avec le plein, je repars avec le plein."
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Cette alternative permet également d'adapter les méthodes aux besoins du client lui-même. "Si les clients souhaitent travailler davantage en profondeur, la machine va forcément consommer plus de GNR. Comme ce sont eux qui prennent en charge le carburant, cela leur permet d’adapter plus précisément leur façon de travailler et, surtout, de savoir à l’avance à quelle facture s’attendre."
800 tonnes pour 80 hectaresPour cette année, Ianis a 800 tonnes de compost à épandre sur les cultures viticoles de trois clients différents, ce qui lui revient à environ 80 hectares à s'occuper, sur le mois et demi. Une quantité qui est dispersée dans les vignes à quatre tonnes à l'heure.
La saison de l'épandage des vignes se passe généralement entre septembre et avril.
DDM SEBASTIEN LAPEYRERE
Dans les vignes, l’épandage du compost s’effectue principalement entre septembre et avril. Au-delà, la végétation a déjà bien poussé et les viticulteurs consacrent davantage leur temps au travail des sols. Le calendrier diffère pour les grandes cultures, où le compost est généralement épandu après les moissons, du début du mois de juillet jusqu’au début du mois d’octobre.
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