Changer de métier avant d’être remplacé par une machine, c'est le choix de certains salariés qui se tournent vers le travail manuel. Pour eux, apprendre à réparer une fuite ou à faire du pain, c’est retrouver un savoir-faire qu’ils pensent mieux protégé de l’intelligence artificielle. Les métiers manuels tiennent-ils leur revanche ?
Publié le 01/10/2026 23:11 Mis à jour le 02/10/2026 00:23
Liste des vidéos similaires
Article rédigé par France 2 - V.Thibier, M.Martel, F.Daireaux, Y.Moine, B.Véran, F.Cardoen - Édité par l'agence 6Medias
France Télévisions
Changer de métier avant d’être remplacé par une machine, c'est le choix de certains salariés qui se tournent vers le travail manuel. Pour eux, apprendre à réparer une fuite ou à faire du pain, c’est retrouver un savoir-faire qu’ils pensent mieux protégé de l’intelligence artificielle. Les métiers manuels tiennent-ils leur revanche ?
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Babeth Reynaud retravaille chaque lettre. Depuis 25 ans, elle est graphiste à son compte. Aujourd'hui, elle peaufine la pochette d'un album de musique. Mais il y a quelques semaines, brutalement, elle a perdu son principal client à cause de l'intelligence artificielle. "J'ai eu un appel et il m'a dit : 'On vous remplace par l'IA.' C'était vraiment son appel et 'hop, on passe à autre chose'. Financièrement, c'est compliqué", confie-t-elle. Car 80% de son chiffre d'affaires s'est envolé.
Des affiches générées par l'IA, il en existe des milliers sur Internet. Nous lui en avons apporté certaines : "Toujours les mêmes petits traits pour quelques infos. On perd toutes les identités graphiques", déplore-t-elle.
Graphiste, mais aussi traducteur, téléconseiller, ou assistant juridique, l'IA pourrait menacer cinq millions de postes en France. Aurélie Bécat est consultante à son compte. Elle accompagne des entreprises dans leur stratégie marketing. Elle sent que l'avenir est incertain : "Il y a toute une partie du marché qui n'est plus accessible, parce que les clients vont utiliser des outils d'intelligence artificielle pour travailler sur leurs positionnements, leurs marques, leurs sites web, leurs stratégies de com, etc.", constate-t-elle.
Alors, elle a fait un choix radical : elle se forme à un nouveau métier. "Je passe de la clé USB à la pince à dénuder, tournevis isolé", pointe-t-elle. Trois semaines par mois, en parallèle de son activité, elle troque ses baskets contre des chaussures de sécurité pour devenir électricienne. Elle est alternante et apprend aux côtés de Jean-Christophe Puichot, lui, à 50 ans de métier. Ce profil atypique l'étonne : "C'est la première fois que je vois ça. C'est une bonne démarche", admet-il. "Avant que les robots humanoïdes soient prêts à faire tout ce que sait faire Jean-Christophe, qui est là depuis 50 ans, oui c'est sûr, on a le temps", pointe Aurélie.
Les professions manuelles sont les moins exposées à l'IA. Alors, le directeur de l'usine s'attend à avoir de plus en plus de candidats. "Il y a des besoins électriques qui sont en augmentation, c'est certain. Donc cette branche-là, oui, c'est sûr qu'il y aura du besoin, et il y a besoin de techniciens sur le terrain", souligne Amaury Guimont, directeur de l’usine Secat Energies
À terme, le but d'Aurélie Bécat est de reprendre une entreprise de BTP. Le chemin est encore long. Elle espère aller sur ses premiers chantiers d'ici un mois.
"L’IA pourrait menacer 5 millions de postes en France" : Étude Coface / Observatoire des emplois menacés et émergents (OEM) d’avril 2026
Liste non exhaustive.
Vous pouvez désormais privilégier l'affichage des articles de franceinfo dans les résultats de recherche Google. Comment ça marche ?
Sur le même thème
Shorts