Alors qu’un accord avait été signé, les actifs étrangers de Lukoil attendent toujours le feu vert de l’administration Trump. ...
"On a perdu sa trace. Le dossier est au point mort", rapporte une source au Financial Times. Le sujet perdu en question ? Un accord qui vise à transférer les activités pétrolières internationales de l'entreprise russe Lukoil, valorisées à 20 milliards de dollars, au groupe de capital-investissement américain Carlyle.
Selon le média britannique, le processus est bloqué depuis environ dix mois, dans l'attente de l'approbation du gouvernement américain. Une situation qui laisse certaines raffineries à l'arrêt, alors que les prix mondiaux des carburants flambent depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.
Pour rappel, fin octobre 2025, les États-Unis avaient placé sur liste noire deux géants du pétrole russe, Rosneft et Lukoil pour leur proximité avec le Kremlin. Une semaine plus tard, Lukoil, avait annoncé son intention de vendre ses actifs étrangers.
Lukoil, avait annoncé son intention de vendre ses actifs étrangers en octobre dernier. (Photo by Nikolay DOYCHINOV / AFP) ©AFP or licensorsConcrètement, le groupe cherchait alors à céder ses installations situées hors de la Russie, comme ses raffineries ou encore ses champs pétroliers, à de nouveaux acheteurs. Basée à Moscou, la société représente environ 2 % de la production mondiale de pétrole, selon Reuters.
Trump sanctionne deux entreprises russes : "Ce n'est pas l'Europe, ces sanctions peuvent vraiment faire mal à la Russie"À l'époque, le contexte était particulièrement favorable à la mise en place de sanctions visant le pétrole russe. En effet, le marché était alors marqué par une surabondance de pétrole et les prix étaient alors relativement bas. Mais la situation a radicalement changé depuis. À titre de comparaison, le baril de Brent s'échangeait autour de 65 dollars fin octobre. Il dépassait les 101 dollars ce matin.
De Gunvor à CarlyleDans un premier temps, le géant suisse Gunvor, cofondé par l'oligarque russe Guennadi Timtchenko, avait montré son intérêt pour reprendre les actifs étrangers. Mais la transaction n'avait finalement pas abouti car Washington avait estimé que l'entreprise suisse était "la marionnette du Kremlin". Une affirmation contestée par l'entreprise suisse.
En janvier, plusieurs entreprises américaines, comme Chevron, s'étaient finalement manifestées pour reprendre les actifs. Un accord provisoire avec Carlyle avait finalement été conclu.
Mais neuf mois plus tard, le FT rapporte donc que l'accord attend toujours le feu vert de l'administration Trump, laissant en attente les actifs étrangers de l'entreprise russe.
Selon des sources citées par le média britannique "ces actifs sont orphelins". "Ils attendent que le gouvernement américain se prononce sur leur prochain propriétaire. En attendant, ils restent inexploités et se déprécient faute d'investissement", expliquent les sources.
Un accord qui pourrait atténuer les prix du pétrole ?Selon l'entreprise Carlyle, cet accord pourrait précieusement aider le marché pétrolier, particulièrement sous tensions.
"Les installations de raffinage européennes de Lukoil disposent d'une importante capacité sous-utilisée qui pourrait permettre d'accroître l'offre de produits raffinés sur le marché et d'atténuer la pression sur les prix des carburants", a expliqué le groupe au FT.
Pourquoi Trump s'attaque maintenant au pétrole russeEn Europe, Lukoil possède notamment plusieurs raffineries, dont deux que la compagnie détient entièrement en Bulgarie et en Roumanie : Neftohim Burgas et Petrotel, qui jouent un rôle essentiel dans l'approvisionnement en carburant des deux pays. L'entreprise détient également 45 % dans l'usine de Zélande, aux Pays-Bas. Selon le FT, la capacité totale des trois raffineries est d'environ 400 000 barils de pétrole par jour. La consommation mondiale est quant à elle d'environ 100 millions de barils par jour.
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