En juillet, près de Cahors, un couple a découvert une voiture accidentée sur le toit de leur poulailler. Tombée d'une départementale, elle est retenue par des branches. Les secours n'ont trouvé aucun corps, mais le...
l'essentiel En juillet, près de Cahors, un couple a découvert une voiture accidentée sur le toit de leur poulailler. Tombée d'une départementale, elle est retenue par des branches. Les secours n'ont trouvé aucun corps, mais le couple se heurte à des démarches administratives complexes pour l'enlèvement du véhicule, et dénonce une impasse.
Ce n’est pas une découverte à laquelle on s’attend lorsqu’on débroussaille son jardin. Un beau matin de juillet, Baptiste* et Valentine* nettoient leur parcelle, située dans une commune près de Cahors. L’été fait rage, les incendies aussi, et le couple ne veut prendre aucun risque. "Au fond du jardin, on a un potager. Cela fait des années qu’il n’y a plus de poules mais on avait gardé l’abri. Nous n'y allons pas souvent, et ce n'est pas visible depuis chez nous. Là, plus je m’approche, plus je vois quelque chose", raconte la Lotoise, encore stupéfaite de sa découverte. La mère de famille reprend : "Au début, je voyais simplement une barre puis j’ai vu quatre roues". Une voiture, sur le toit, est accidentée sur le haut du poulailler. La plaque n'est pas visible. Comment est-elle arrivée là ? Le couple n'en a aucune idée. Ils n'ont rien entendu de suspect au cours des jours précédents. C'est la surprise.
Aujourd'hui, le couple se trouve face à une impasse : comment enlever l'épave et qui doit le faire ?
DDM Aouregan Texier
Ni une, ni deux, Valentine décroche son téléphone et appelle la police puisqu'elle ne savait pas quoi faire d'autre. Selon elle, les policiers ne se déplacent pas et lui conseillent d'appeler les pompiers. "Ils sont venus tout de suite et ont fait une recherche car ils craignaient qu'un corps ait pu être éjecté. Ils n'ont rien trouvé, mais on ne sait pas ce qu'il y a en dessous", pointe la Lotoise. La vitre côté passager est brisée. "Peut-être que quelqu'un s'est échappé par là", suppose Valentine. Selon les secours, qui ont retrouvé des traces, le véhicule serait tombé de la départementale juste au-dessus de la maison avant de terminer sa chute sur le toit du poulailler. Depuis, la voiture est retenue par les branches. La construction s'affaisse de jour en jour. Les Lotois, eux, ne veulent qu'une chose : que l'intruse quitte leur jardin.
"Dans notre contrat, une voiture qui vole et atterrit dans le jardin, ce n'est pas pris en charge"Les secours parviennent à lire la plaque d'immatriculation, une information importante. Avec cet élément, Valentine recontacte la police, mais elle n'obtient aucune avancée sur ce dossier, se tournant donc vers son assurance habitation. "Ils prennent en charge les dégâts causés par la voiture, donc notre clôture, mais pas l'enlèvement du véhicule. Dans notre contrat, une voiture qui vole et atterrit dans le jardin, ce n'est pas pris en charge. Un avion, par contre, oui", lâche amèrement Valentine.
Selon les secours, la voiture a quitté la départementale avant de tomber sur le toit du poulailler (vue de la départementale).
Photo fournie par le couple
Sans solution, la Lotoise se lance elle-même dans ses propres recherches. "La voiture appartient à un garage, pas très loin de chez nous. Il est en liquidation judiciaire", rapporte la mère de famille. Cette dernière prend contact avec le cabinet d'avocat en charge de ce dossier. "On me dit que le garage n'a pas les fonds pour la faire évacuer. C'est donc à nous de le faire, à condition de leur dire quelle société va procéder à l'enlèvement pour que le commissaire de justice puisse l'évaluer", pose Valentine, qui voit cette affaire traîner depuis des mois.
Le couple se sent délaissé. "Personne ne nous vient en aide. On n'a rien demandé, on a un véhicule qui a atterri dans notre jardin. On est livrés à nous-mêmes", regrette la Lotoise. Elle poursuit : "On ne peut pas payer, surtout qu'on sait que l'on ne va pas être remboursé. Même si on avait l'argent, ce n'est pas juste. Il va falloir de gros moyens pour l'enlever de là. On est vraiment à bout de nerfs. On n'a plus de solution". Face à cette situation, le couple ne sait plus quoi faire. "On est condamnés à garder cette voiture dans notre jardin".
Contactée, la police nationale s'est penchée sur cette affaire, se rendant au domicile de la victime, dès dimanche 27 septembre, afin de faire de premières constatations et d'ici la fin de la semaine, les enquêteurs devraient enregistrer la plainte du couple. "On va trouver une solution au moins pour les conseiller, car ce n'est pas à eux de payer", font remarquer les autorités locales.