Ce vendredi soir, le Racing Club Narbonnais s’est incliné sur la pelouse de Béziers dans la première manche du derby (34-24). Un match que les orange et noir auraient largement pu gagner…
Ce vendredi soir, le Racing Club Narbonnais s’est incliné sur la pelouse de Béziers dans la première manche du derby (34-24). Un match que les orange et noir auraient largement pu gagner…
Ils pensaient le tenir, leur derby. À l’heure de jeu, les Narbonnais menaient 20-24 et Béziers n’était franchement pas dangereux. Oui, mais voilà. Un derby, c’est 80 minutes. Et quand la furia héraultaise s’est mise en route, le RCN n’a plus répondu. Il s’est mis à la faute, le capitaine Clément Bitz a encaissé un carton jaune (63e) et tout s’est écroulé. En deux minutes – grâce à un essai de pénalité (65e) et un de Barnabé Méchentel (67e) – Béziers a mis la main sur le match (34-24) et ne l’a plus jamais lâché.
Les joueurs de Jacques Delmas n’ont pas trouvé les ressources pour revenir. Enchaînant les fautes : un en-avant inutile d’Aphiwe Dyantyi (66e), un renvoi illégal de Faletoi Peni (75e), une touche directe de Théo Bévia (78e) ou encore tous ces ballons tombés (21). Narbonne méritait-il de gagner ? Pas forcément. En revanche, il n’a pas mis tous les ingrédients pour le faire. Les regrets seront sûrement là. "C’est une grosse déception. Quand il fallait jouer, on n’a pas joué, et quand il ne fallait pas, on a joué… On a fait trop de choses à l’envers", peste le manager Jacques Delmas.
Trop bridésLes orange et noir ont été bridés tout au long de la rencontre. Personne n’a forcément pris d’initiative, à part le centre Faletoi Peni sur la toute première action du match, qui a mené à son essai (4e). Sinon, plus rien, si ce n’est l’essai sur ballon porté de Dan Jooste (34e) et les quatre pénalités de Thibault Santoro (12e, 31e, 48e, 60e). Pas de percée plein axe, pas de différence faite sur les extérieurs non plus. "Demandez à "Navize" (Hugo Navizet, NDLR) combien de ballons il a touchés en bout d’aile ! On a joué petits bras. On s’est cachés, et ça me déçoit", s’est exprimé un Delmas en colère.
Et pourtant, pendant une heure, le RCN avait fait (presque) ce qu’il fallait pour croire à un autre scénario. Sans être flamboyants, les Narbonnais étaient devant au score et semblaient avoir suffisamment de maîtrise pour faire douter leur voisin. Mais ils se sont "tués tout seul". Les Héraultais n’ont pas eu besoin de multiplier les occasions : ils ont simplement profité des erreurs narbonnaises pour faire basculer la rencontre. C’est aussi ce qui laisse le plus de regrets. Car Narbonne n’a pas été surclassé pendant 80 minutes. Loin de là.
Il manque finalement des points au compteur…Cette défaite à zéro point gâche un peu la note de ce premier bloc de cinq matches. Après la gifle reçue à Dax (57-19), les Narbonnais avaient su réagir en battant Nevers (28-26), en décrochant un précieux bonus défensif à Provence Rugby (47-42) et en s’imposant contre Soyaux-Angoulême (31-26). Mais avec 9 points au compteur après cinq journées, le staff narbonnais ne se veut pas satisfait. Et il a raison. Parce que le prochain bloc s’annonce indigeste : réceptions d’Oyonnax (9 octobre), Brive (23 octobre) et Nice (6 novembre), pour deux déplacements à Colomiers (16 octobre) et Montauban (30 octobre).
Le calendrier ne laissera donc pas beaucoup de temps aux Narbonnais pour digérer cette désillusion. Il faudra rapidement retrouver de la maîtrise, de la confiance et surtout cette capacité à prendre les initiatives qui leur a fait défaut à Béziers. Le RCN avait pourtant les cartes en main pour ramener quelque chose de ce déplacement. Il repart finalement avec zéro point et une grosse frustration. Si l’on a envie de rester optimiste pour le Racing Club Narbonnais, force est de constater que le menu s’annonce très, très copieux. Et qu’un point, ou plus, ramené de Béziers n’aurait pas été de trop. Mais les orange et noir n’ont pas mis les moyens et ont été sanctionnés. Le derby leur échappe, et avec lui l’occasion de conclure ce premier bloc sur une meilleure note.