L’entraîneur pailladin Zoumana Camara a assumé son choix, payant puis payé, de titulariser Théo Sainte-Luce en charnière, et a préféré retenir le verre à moitié plein et les progrès de son équipe après le nul à Reims...
L’entraîneur pailladin Zoumana Camara a assumé son choix, payant puis payé, de titulariser Théo Sainte-Luce en charnière, et a préféré retenir le verre à moitié plein et les progrès de son équipe après le nul à Reims (1-1), vendredi 18 septembre.
Sur quel pied danser après ce résultat : les regrets ou les progrès ?
Les progrès. J’aime être optimiste et j’aime voir le bon côté des choses. Si vous vous souvenez, la saison passée, on a fait un bien, bien, bien meilleur match qu’aujourd’hui et on est reparti avec 2-0 dans la valise. Aujourd’hui, mon équipe a montré qu’elle est capable de souffrir, capable d’être acculée, mais de rester solide.
Dans un match, il y a plusieurs histoires et scénarios. Il y a eu celui du début, où on ouvre le score parce qu’on débute bien. Et ensuite, dans l’histoire de ce match, on a arrêté de jouer. Il a fallu qu’on encaisse un but pour recommencer de nouveau. Après, il y a cette deuxième mi-temps lors de laquelle l’équipe adverse, avec la qualité individuelle de ses joueurs, la puissance athlétique, a fait des différences. On n’a pas rompu.
Et dans l’histoire de ce match, on a réussi à provoquer un deuxième jaune. Du coup, on a repris l’ascendant. Et sur cette fin de match, on a senti une équipe qui pouvait à la fois prendre l’ascendant et mettre ce deuxième but, mais qui n’était pas à l’abri de prendre un contre. Donc, il a fallu jongler avec cet équilibre, puisque même en infériorité numérique, Reims garde cette puissance et cette vitesse qui peut faire des différences à tout moment.
Qu’est-ce qui vous avez incité à faire ce choix de recentrer Théo Saint-Luce, comme vous l’aviez déjà décidé la saison dernière à Saint-Étienne ? Est-ce que c’était pour conserver Daylam Meddah au milieu ?
Il y avait deux raisons. Je voulais avoir un gaucher dans la défense centrale. Reims est une équipe qui presse beaucoup et qui presse haut.
Ça pouvait faciliter nos sorties, ça permettait d’intégrer Yanis (Zouaoui) sur ce match. Et je voulais garder l’impact de Meddah au milieu qui, pour moi, avec Tardieu, forment une bonne paire et sont assez complémentaires pour le moment. Ils me donnent satisfaction.
Ce choix vous permet de bien débuter mais ne se retourne-t-il pas contre vous avec l’erreur de Théo Sainte-Luce qui entraîne l’égalisation rémoise ?
C’est l’histoire du football. Parfois on fait rentrer un joueur et il marque, on dit c’est un changement gagnant. Et parfois ce n’est pas le cas. J’ai des convictions, je reste avec mes idées. Je ne suis pas le type d’entraîneur à vouloir mourir avec. Je sais m’adapter. Mais j’étais convaincu que c’était la bonne option du moment. Et si c’était à refaire, je ferais la même chose.
Vous qui connaissez bien le pote, comment vous allez débriefer avec lui cette erreur-là ? Pour vous c’est une erreur de vision de jeu, une erreur technique ? Comment vous l’analysez cette erreur-là ?
Je ne l’ai pas revue, il faut que je la revoie. Mais j’ai en tête qu’avant cette erreur, on a un autre attaquant qui part au but. Elle est un peu là dans la différence athlétique intrinsèque des joueurs. D’un côté, nous, on n’a pas réussi à faire cette différence et aller au but est marqué. Et de l’autre côté, on a un joueur (Fofana) qui a accéléré et qui a réussi à piquer ce ballon sur une erreur. On le savait, c’était une équipe qui punit souvent les erreurs de l’adversaire et punit bien. On leur a donné l’opportunité de le faire malheureusement, mais ça reste satisfaisant dans l’ensemble.
On a vu encore quelques occasions, la percée de Nicolas Pays et d’autres. Vous avez l’impression qu’il y a toujours cette petite paralysie ?
Peut-être que c’est un manque de spontanéité tout simplement. Parfois, les offensifs, il faut savoir faire les choses d’instinct. C’est bien d’être intelligent et réfléchi, mais de temps en temps, sentir les choses et avoir une certaine spontanéité, c’est très bien.
C’est peut-être ce qui manque en ce moment à certains de mes joueurs au niveau offensif, de peut-être trop réfléchir. Mais on va continuer à travailler, on est sur le bon chemin, on avance.
Qu’est-ce qui vous a donné envie dans la semaine de Yanis Zouaoui puisque vous disiez dans la semaine c’était "un peu précoce" ?
Il y a ce que je dis à la presse dans la semaine. Je ne vais quand même pas dévoiler mon 11 et ce que je vais faire à l’adversaire.
La deuxième chose, si on veut le comparer aux deux autres recrues par exemple (Alpha Sissoko et Yassine Benhattab), c’est un joueur qui a fait sa préparation normale, qui a joué et qui a manqué un match et qui est de retour, mais qui est en jambes et en rythme. Les autres, ce sont deux joueurs qui n’avaient pas de séance collective, qui étaient un peu "à part". Les états de forme et de rythme étaient différents, d’où mon choix de le lancer aujourd’hui. J’avais le sentiment qu’il était prêt et je l’ai trouvé très bien. Avec de la personnalité, il s’est engagé.