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« Répression » contre « surenchère irresponsable » : entre Mélenchon et Lecornu le blocus des lycées vire au bras de fer politique

Дата публикации: 28-09-2026 17:33:53

Alors que les blocus se multiplient dans des lycées franciliens depuis une semaine, le candidat à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon a accusé ce lundi 28 septembre le Premier ministre d’en avoir « ordonné la répression. » Sébastien Lecornu pointe en retour une « instrumentalisation » de la colère des lycéens.

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Jean-Luc Mélenchon reproche à l’exécutif d’avoir « ordonné la répression » quand Sébastien Lecornu accuse les Insoumis de « surenchère irresponsable ». CHANG MARTIN/SIPA

C’est une véritable passe d’armes entre Jean-Luc Mélenchon et Sébastien Lecornu. Le candidat à la présidentielle et le Premier ministre se sont écharpés ce lundi 28 septembre, par réseaux sociaux et médias interposés, au sujet des blocus dans des lycées franciliens. Alors que la grogne monte dans les établissements, et se propage via les réseaux sociaux depuis une semaine, elle se transforme désormais en joute politique. Jean-Luc Mélenchon reproche à l’exécutif d’avoir « ordonné la répression » quand Sébastien Lecornu accuse les Insoumis de « surenchère irresponsable ».

Depuis mercredi dernier, des lycéens d’Île-de-France bloquent leurs établissements pour protester notamment contre la surcharge des classes, des emplois du temps et l’absence de professeurs. Les mobilisations se sont multipliées vendredi dans la banlieue de Paris et à Nice, où « une dizaine » de lycées était bloquée selon Edouard Geffray. « Si l’expression des lycéens doit être respectée, les actions violentes ne sauraient être tolérées », a répliqué le ministre de l’Education nationale et Laurent Nuñez, dans un télégramme consulté par l’AFP.

Ce lundi 28 septembre dans la soirée, le locataire de la place Beauvau a estimé que ces manifestations et blocages ne sont « pas des mouvements de contestation très habituels » mais « s’apparentent à des violences urbaines », évoquant par ailleurs 164 interpellations pour 180 établissements concernés. Douze membres des forces de l’ordre ont été blessés, selon le ministère de l’Intérieur, et huit personnels enseignants, dont trois chefs d’établissement. Une douzaine de lycéens ont été blessés.

Tensions maximales entre Lecornu et Mélenchon

Un peu plus tôt dans la jounrée Jean-Luc Mélenchon a pris sur X, la défense des jeunes mobilisés. « Les lycéens en mouvement sont inoffensifs. Le gouvernement Lecornu a ordonné la répression. Cette férocité est irresponsable avec un arrière-goût raciste évident. Pas touche à nos jeunes. Élus et militants insoumis interposez-vous partout où vous le pouvez, » a-t-il développé.

De l’autre, Sébastien Lecornu, a rappelé la nécessité pour lui d’en appeler à la « sécurité » et à la « protection » après des violences au sein des mobilisations : des « tirs de mortiers », « incendies », « agressions », et d’évoquer même le cas d’« une lycéenne […] blessée à l’acide chlorhydrique, aux mains et au visage par des agresseurs violents. » Le Premier ministre a ensuite qualifié d’« insulte » l’« accusation de racisme » du leader insoumis, dénonçant une « surenchère » de la part de LFI.

A nouveau, Jean-Luc Mélenchon lui a rétorqué dans un post sur X, le pressant d’« ordonne[r] à [ses] policiers de ne pas frapper, gazer, embastiller nos enfants. » Avant de conclure sur le motif initial des mobilisations : « montrez l’exemple : laissez vivre l’école publique, nommez des profs, du personnel de santé, des psychologues. » Un message relayé et appuyé par d’autres élus insoumis, dont la députée Clémence Guetté. « Les lycéens alertent depuis des années : fermetures de classes, manque de moyens et de personnels (…) Vous leur avez rendu la vie impossible. Ils vous le disent maintenant », a-t-elle dénoncé.

Les tensions pourraient encore se creuser. La principale organisation syndicale des lycéens a appelé au blocage des lycées partout en France mardi, à l’occasion de la journée de mobilisation dans la fonction publique. « On a pris la décision de généraliser ce qui se passe en Île-de-France, parce que ce sont des problématiques présentes sur tout le territoire », a déclaré à l’AFP le président de l’Union syndicale lycéenne (USL), Ryad Rani.

De plus en plus de départements sont concernés. Quatre lycées ont déjà été bloqués lundi matin dans les Alpes-Maritimes et le Var, selon le rectorat de l’académie de Nice, qui précise qu’il y a eu des dégradations, « essentiellement à Nice ». Selon l’académie de Créteil, « la mobilisation semble s’intensifier cette semaine, avec un nombre d’établissements concernés conséquent, notamment dans le Val-de-Marne et en Seine-Saint-Denis », mais aussi en Seine-et-Marne.

Les élus insoumis sur le terrain

Alors que la situation a par endroits dégénéré la semaine dernière, plusieurs élus insoumis s’étaient rendus sur le terrain pour dénoncer la « répression. » Le député Louis Boyard, était notamment présent dans une mobilisation le 25 septembre au sein de sa circonscription du Val-de-Marne et avait appelé « le mouvement lycéen [à] s’étendre. » De même pour le député Thomas Portes de Seine-Saint-Denis, qui a filmé ce lundi 28 septembre une « violente répression » au lycée Mounier à Grenoble, face à des lycéens demandant « des conditions d’études dignes ». Plus tôt dans la journée, il a aussi lancé cet appel aux lycéens : « Soulevez-vous partout dans le pays ! »

Ce lundi dans la matinée également, le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, s’est rendu au lycée Paul-Eluard de sa ville, alors que des élèves s’étaient réunis devant la grille de l’établissement. L’édile a été porté par la foule d’adolescents, qui a repris La Marseillaise, poing gauche levé, selon des images diffusées sur les réseaux sociaux par le média du journaliste Clément Lanot. Ce lundi soir en revanche, l’édile insoumis était villipendé alors que circule une vidéo non authentifiée le montrant à côté d’une poubelle en feu. Sur X, il a démentié avoir « allumé » ou « encouragé » ce feu. « Ces accusations sont grotesques et montrent la volonté de nuire à l’image du mouvement lycéen en cours. J’ai au contraire tenté de l’éteindre pour assurer la sécurité des jeunes présents et permettre une intervention rapide des pompiers », a-t-il défendu.

Par  Service Actu

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