Christine Befre, géomètre-experte à Tarbes et membre du Conseil régional de l'Ordre, était la seule femme parmi les huit professionnels à participer à un défi hors du commun : gravir le Mont Blanc afin de procéder à...
l'essentiel Christine Befre, géomètre-experte à Tarbes et membre du Conseil régional de l'Ordre, était la seule femme parmi les huit professionnels à participer à un défi hors du commun : gravir le Mont Blanc afin de procéder à sa mesure officielle et précise dans le cadre de la campagne scientifique. Elle raconte cette expédition "phénoménale".
Le Mont Blanc, toit de l'Europe avec ses 4 810 m. Enfin plus vraiment, bien que cette altitude s'affiche partout autour du géant alpin. Les dernières mesures ont en effet établi que le Mont Blanc ne culminait qu'à 4 805,59 mètres. Quant aux prochains relevés, ils ne révèleront leurs données que le 14 octobre à l'occasion d'une conférence de presse à Saint-Gervais, suite à la dernière campagne de mesure réalisée mi-septembre par huit géomètres-experts de toute la France qui ont gravi le Mont Blanc, au cours d'un défi hors du commun, pour procéder à cette expédition scientifique réalisée tous les trois ans, en plus d'un suivi annuel.
Le GRP puis le Mont-BlancEt parmi ces huit professionnels, une Tarbaise, Christine Befre, très investie dans la profession puisque secrétaire du conseil régional de l'ordre des géomètres-experts. "J'ai répondu à un appel à candidature de mes confrères de Savoie qui ouvre cette expédition à des géomètres-experts d'autres départements, explique cette traileuse qui s'était dans le même temps inscrite pour le Grand Raid des Pyrénées. Je n'ai pas été retenue au départ, puis en août, quelques semaines avant le départ, on m'a rappelée suite à un désistement. Heureusement que j'étais prête..." sourit-elle.
Christine Befre était la seule femme parmi les huit experts-géomètres engagés sur cette mission au sommet du Mont Blanc.
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Une préparation qui fera ses preuves durant cette semaine alpine qui a nécessité plusieurs jours sur place, entre première ascension d'un 4 000 m (le Bishorn), exercices d'alpinisme sur la Mer de Glace, acclimatation en altitude... Avant le grand départ le mardi depuis Saint-Gervais jusqu'au refuge de Tête Rousse, pour ce groupe d'une trentaine de personnes au total, dont huit géomètres-experts et une seule femme, Christine Befre. "Au final, je n'ai pas trop souffert et moins que beaucoup de mes collègues, explique cette sportive passionnée de montagne. Chacun a contribué à acheminer les équipements indispensables jusqu'au sommet."
Une modélisation du sommetAussi, au lever du soleil, dans un décor idyllique à plus de 4 800 m, les géomètres ont pu réaliser des mesures inédites : relevés GNSS de haute précision, photogrammétrie par drone, investigations au géoradar permettant de détecter la roche sous la glace et mesures gravimétriques effectuées par l'IGN. "Nous avions plusieurs sortes d'appareils, de GPS, notamment un pour cibler le véritable point haut, puis, à partir de là, un statique fixé pendant deux heures sur ce point pour en déterminer les coordonnées et l'altitude avec exactitude. On a aussi relevé toute la calotte glaciaire avec un drone ou encore utilisé un géoradar, qui se déplace à la manière des robots-tondeuses, pour mesurer l'épaisseur de glace et nous permettre de dessiner le profil de la roche en dessous. Car jusqu'ici on ne faisait que supposer que sous ce dôme blanc, se cachent des aiguilles. Là, on aura une modélisation du sommet, avec plusieurs coupes."
Une expédition insolite qui se déroule tous les trois ans sur le toit de l'Europe pour en révéler l'altitude exacte.
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Autant de mesures et de relevés réalisés dans des conditions difficiles au sommet, notamment en raison du froid qui a mis à rude épreuve le matériel, et notamment les batteries, et les organismes. "On est monté dans la nuit et les bourrasques, mais finalement, au sommet, le soleil s'est levé, raconte Christine Befre. C'était magnifique. C'était un défi phénoménal qui va permettre d'avoir des valeurs précises, de dissocier l'épaisseur de la calotte glaciaire de la roche." En attendant d'autres campagnes de mesures, pourquoi pas dans les Pyrénées...
Mettre en lumière une profession méconnuePour la géomètre-experte de 44 ans, installée depuis 2010 et qui a découvert le métier suite à un stage, cette campagne de relevés insolite doit aussi permettre de mettre en lumière une profession méconnue. "On veut communiquer sur notre métier, nos compétences, la mesure dans tous les milieux, y compris les plus hostiles, essentiellement autour d'une mission juridique et foncière, via le bornage, détaille Christine Befre. C'est un métier qui demande des compétences techniques et scientifiques, de la gestion d'entreprise aussi, avec autant de terrain que de bureau pour exploiter ces données."