La manufacture suisse offre une nouvelle jeunesse à ses classiques, Audemars Piguet collabore avec Serena Williams et la micromarque Buci revient avec panache.
Longines, membre du Swatch Group, revisite sa Master Collection avec, notamment, le Monopoussoir (à gauche), qui s’inspire d’une innovation née en 1911. LONGINES
• Longines dégaine le monopoussoirEn 1911, quand la plupart des chronographes étaient encore d’imposantes montres de poche, la manufacture située à Saint-Imier, en Suisse, a eu l’idée d’en créer un, plus compact, à glisser au poignet. De surcroît, cette pièce présentait un seul poussoir intégré à la couronne, ce qui permettait d’actionner successivement le démarrage, l’arrêt et la remise à zéro du compteur. Une innovation si pratique que des pionniers de l’aviation comme Amelia Earhart ou Richard Byrd l’ont rapidement adoptée. Et voilà que, plus d’un siècle après, Longines revisite la Monopoussoir en y joignant une échelle pulsométrique sur le pourtour du cadran (les pulsomètres étaient jadis utilisés par le personnel soignant pour compter le pouls). Drôle d’association, l’aviation et le médical ? Oui – et probablement s’agit-il d’un choix esthétique avant tout. Mais qu’importe, les deux secteurs sont tout à fait légitimes dans la longue histoire horlogère de Longines. Et le résultat séduit. Mention spéciale au cadran bleu clair travaillé en motif grain d’orge : malgré ses 41 mm de diamètre, la montre sied à tous les poignets – même féminins.
Longines revisite le Monopoussoir avec cette Master Collection Chrono Monopusher. L’originalité ? Une échelle pulsométrique sur le pourtour du cadran (les pulsomètres étaient jadis utilisés par le personnel soignant pour compter le pouls). LONGINES
Au-delà de la Monopoussoir, qui appartient à la Master Collection, c’est toute la célèbre gamme née en 2005 qui fait peau neuve puisque Longines, aujourd’hui membre du Swatch Group, la reprend et l’élargit. A noter, une nouvelle version du Chrono Moonphase. Ce dernier, sûrement l’un des meilleurs rapports qualité-prix de l’horlogerie suisse à ce niveau de complications et de finitions, embarque un chronographe, une phase de Lune, un calendrier complet (jour, mois, date) et l’indication des 24 heures, le tout à moins de 5 000 euros.
Et pour enfoncer le clou de cette fin d’été très active, la maison réunit pour la première fois six de ses ambassadeurs dans une campagne baptisée « Home of Elegance » : Kate Winslet, Henry Cavill ou encore Jennifer Lawrence posent dans un salon chic et beige, comme une photo de famille, peut-être un peu trop parfaite.
◗ Longines, Master Collection Chrono Monopusher, 41 mm de diamètre, mouvement manufacture à remontage manuel, réserve de marche de 68 heures, 3 750 euros.
◗ Longines, Master Collection Chrono Moonphase, 41 mm de diamètre, mouvement automatique manufacture, réserve de marche de 66 heures, 4 100 euros.
• Audemars Piguet monte au filetAprès plus de dix années de compagnonnage avec la manufacture du Brassus, la championne de tennis Serena Williams frappe un beau coup en co-créant une montre à son nom, disponible en édition limitée. Cette nouvelle déclinaison de la Royal Oak chronographe arbore un cadran en nacre teintée de rose. A priori, toutes nos alarmes « spécial bling-bling » clignotent (le rose +la nacre !). Et pourtant, passée au poignet, cette pièce en céramique blanche, ultra-légère, s’avère moins caricaturalement girly qu’il n’y paraît. L’inusable détentrice de 23 titres en Grand Chelem en simple, qui revient cette année sur le circuit, semble avoir fait sienne l’une des maximes de la maison : « Le temps n’est pas qu’une mesure, c’est un art qui se façonne. » A l’intérieur, bat un nouveau calibre automatique manufacture dévoilé cette année. On peut admirer, au dos, ses décorations typiques de la haute horlogerie comme le perlage, les côtes de Genève ou le satinage. Du grand art, à un grand prix.
La Royal Oak Chronographe Automatique « Serena Williams » d’Audemars Piguet avec… les vraies mains de la championne de tennis. AUDEMARS PIGUET
◗ Audemars Piguet, Royal Oak Chronographe Automatique « Serena Williams », 38 mm de diamètre, calibre 6401 automatique manufacture, boîte et bracelet en céramique blanche, second bracelet (fourni) en caoutchouc rose, réserve de marche de 55 heures, édition limitée à 500 pièces, 86 600 euros.
• Buci tourne une nouvelle pageUn café partagé, des mots griffonnés sur un carnet, une promenade : la micromarque parisienne Buci choisit de célébrer les fragments ordinaires d’une existence, ceux qui s’écrivent autant qu’ils se vivent. On a déjà rencontré Nousseïma Baraket, sa fondatrice, qui a grandi en Franche-Comté, aux portes de la Suisse et non loin du bassin horloger. Ses passions ? Les livres et les montres. En 2022, elle crée sa maison, Buci, du nom de cette rue de Saint-Germain-des-Prés jadis au cœur du monde littéraire parisien, avec l’ambition de « poétiser le temps ». Mission accomplie pour sa deuxième collection, Nouvelle – comme le genre littéraire. Les références sont subtiles. Un cadran texturé qui évoque le papier buvard, l’aiguille des heures et celle des minutes qui se croisent au fil de la course du temps, formant fugacement la silhouette d’une plume… Quant aux chiffres, imaginés et tracés par un calligraphe parisien, ils adoptent des proportions volontairement irrégulières, jusqu’à s’effacer à 9 heures pour laisser la place à une petite seconde. Sur les côtés du boîtier, de fines lignes rappellent la tranche d’un livre, et chaque montre est logée dans un écrin qui en a la forme. Comme on dit en horlogerie, la « qualité perçue » est au rendez-vous. Et au poignet, l’objet provoque un vrai coup de cœur. Ouverture des précommandes sur Kickstarter le 25 septembre, pour une série limitée à 300 pièces numérotées.
Quand la littérature et l’horlogerie se croisent avec Nouvelle, la deuxième collection de la jeune marque française Buci. BUCI
◗ Buci, Nouvelle, 36 mm de diamètre, mouvement suisse Sellita à remontage manuel, cadran texturé façon papier buvard, couleur crème ou bleue, bracelets interchangeables en cuir ou nubuck, réserve de marche de 42 heures, prix public 1 850 euros (prix de lancement Kickstarter, 1 550 euros).
Par Françoise-Marie Santucci
| # | Наименование новости | Тональность | Информативность | Дата публикации |
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