En dénonçant la proposition du présentateur de « L’Heure des pros » de lister les célébrités mobilisées contre l’extrême droite, l’éditorialiste de France Inter a - sans surprise - remis une pièce dans la machine.
En dénonçant la proposition du présentateur de « L’Heure des pros » de lister les célébrités mobilisées contre l’extrême droite, l’éditorialiste de France Inter a - sans surprise - remis une pièce dans la machine.

Capture d’écran YouTube France Inter
Patrick Cohen, ici à l’antenne de France Inter, au mois de septembre 2026.
EN BREF
• Patrick Cohen s’oppose à Pascal Praud qui s'en est pris aux artistes qui ont des positions anti-RN au point de vouloir en dresser la liste.
• L’éditorialiste de France Inter accuse les médias Bolloré de soutenir l’extrême droite dont il serait « le bras armé ».
• Le présentateur de CNews a jugé cet éditorial très violent mais aimerait toutefois être invité sur la radio pour se défendre.
L’IA au HuffPost.
S’engager contre le Rassemblement national est encore possible, nous dit Patrick Cohen sur France Inter, mais ce « n’est plus sans risque ». Dans son édito politique de ce mercredi 23 septembre, le journaliste a choisi d’épingler une proposition controversée : celle de son confrère de CNews Pascal Praud de vouloir lister les artistes anti-RN.
« Quel que soit votre degré de notoriété, et encore plus si vous êtes une star, vous deviendrez instantanément un sujet de plateau, a commenté l’éditorialiste, en préambule de sa chronique matinale. Pas pour débattre de vos craintes ou de vos arguments. Non, vous serez invariablement moqué, dénigré, dévalué. »
Il prend d’abord l’exemple du lynchage de Kylian Mbappé, lorsque celui-ci a alerté sur la montée de l’extrême droite, lors des élections législatives il y a deux ans. Le footballeur est « la cible d’un nouveau déferlement de haine », rappelle Patrick Cohen, à la suite de son refus de porter le maillot de soutien aux habitants de Ceuta.
Plus récemment encore, Teddy Riner, qui a « eu le malheur d’exprimer son angoisse » face au parti de Jordan Bardella à l’approche de la présidentielle, Adèle Exarchopoulos, l’humoriste Paul Mirabel et le journaliste Jean-Michel Apathie ont connu le même opprobre de Pascal Praud, décidé à tenir chaque matin un point sur les célébrités mobilisées contre le RN, comme ce dernier l’a avancé sur CNews, ce mardi.
« Le bras armé » de l’extrême droiteUne façon de les dissuader ? « Naturellement, estime Patrick Cohen, selon qui “tout le monde n’a pas les épaules de Teddy Riner”, qui a par la suite assuré vouloir continuer à s’exprimer, pour faire front. Voir son nom s’afficher parfois pendant des heures sur le bandeau de la chaîne d’info en continu est l’assurance de torrents d’insultes. »
Découvrez ci-dessous la chronique dans son intégralité :
L’éditorialiste de France Inter trouve ça « ridicule » (les prises de parole appelant à faire barrage contre le RN n’ayant que peu d’effet sur l’électorat, selon lui) et « terrifiant ». « Les médias Bolloré ne se contentent plus de promouvoir le parti d’extrême droite, ils en sont le bras armé, dénonce l’ancien matinalier. Existe-t-il une autorité de régulation dans la salle ? »
Pire, « Pascal Praud endosse la marotte de l’extrême droite : il dresse des listes », soutient Patrick Cohen. Avant d’ajouter : « Les listes ont toujours servi à polariser la société en opposant un vrai peuple supposé à des minorités, des opposants politiques ou des journalistes avant de déboucher sur des politiques d’épuration ou de répression. »
Pascal Praud répondLe message est clair. Il a aussitôt remis une pièce dans la machine. Sur CNews, le principal intéressé déplore un édito « d’une violence inouïe ». Pascal Praud, selon qui « il n’y a rien à redire » sur ce qu’il a dit « à ces moments-là », en appelle à l’Arcom même s’il espère être prochainement invité dans la matinale la plus écoutée de France pour répondre aux questions de Benjamin Duhamel. « Ça tombe sous la juridiction tout court », seconde l’un de ses chroniqueurs, Éric Naulleau. Rien n’est moins sûr.
Chez CNews, la rentrée est, elle, on ne peut plus agitée. Dans le viseur du gouvernement en raison de l’éventuel retour de la propagandiste russe Xenia Fedorova à l’antenne, la chaîne d’opinion s’est vue piégée en direct par deux youtubeurs (Gabiche et Rodav), qui ont dénoncé le soutien de Canal+ à Jean-Marc Morandini, mais aussi appelé à voter LFI.
Cet été, le gendarme de l’audiovisuel a pour sa part sanctionné CNews à hauteur de 200 000 euros pour deux séquences en 2025 de nature à « inciter à la haine », mis en demeure la chaîne à deux reprises pour « manque d’honnêteté » lors d’une soirée sur Rachida Dati, et l’a ordonné de respecter davantage la diversité des opinions.