Pendant vingt ans, un écrivain a fréquenté des travailleuses du sexe à l’insu de sa femme, qui a découvert après sa mort le récit détaillé de chacune de ces passes. Elle a décidé de publier ce texte sous le titre « Carnet d’un client », en dépit des nombreuses questions qu’il soulève et du malaise qu’il suscite. Récit d’une étrange aventure éditoriale.
C’est la femme du « client », le mystérieux auteur de ce récit, qui, alors qu’elle était en train de mettre de l’ordre dans les papiers de son mari après sa mort, a découvert les très nombreuses fiches consignant ses passes avec des travailleuses du sexe. DANIEL DAY/GETTY IMAGES
« Elle commence à baisotter la région testiculaire, avec une tranquille application. Elle branlotte aussi l’engin ». Celle dont il est question est une Brésilienne de Rio, une prostituée de 27 ans qui officie à Alicante, où se trouve le « client ». Les détails suivent dans leur précision brute. « Wendy suce bien, sans précipitation, en adoptant un rythme régulier. [...] Elle tâte les bourses, aventure sa main plus bas et demande – si ça me plaît là aussi… » Peu à peu, on rentre dans le vif du sujet : les « nichons » de Wendy se mettent à « faire les derviches tourneurs » ; plan sur les « belles fesses fermes bien tendues », zoom sur le « coït serein » avec « déclenchement d’une jolie éjaculation ». Et voilà, le « client » se rhabille, règle les « 10 000 ptas », et note dans son carnet quelques détails factuels : « Alicante – jeudi 15 novembre 2001 – 23h45 Top Sex [le nom du salon] » et le prénom de la fille : « Wendy (Brésil) ».
C’est la femme du « client » qui découvre cette fiche, et beaucoup d’autres du même genre, tandis qu’elle est en train de mettre de l’ordre dans les papiers de son mari après sa mort. « Vers 1 heure du matin », raconte-t-elle dans l’introduction de « Carnet d’un client », « un dernier coup d’œil au …
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