Pour briser le silence de l'inceste, elles ont souhaité un procès public, devant la cour d'assises des Ardennes. Ce vendredi, à l'issue de ces trois jours, en appel, Lionel V., 82 ans, a été condamné à 18 ans de réclusion, pour des viols et abus sexuels sur sept femmes de sa famille, de 1968 à 2009.
Diffusé le vendredi 18 septembre 2026 à 7h32
Publié le vendredi 18 septembre 2026 à 7h32 Mis à jour le samedi 19 septembre 2026 à 10h24
Pour briser le silence de l'inceste, elles ont souhaité un procès public, devant la cour d'assises des Ardennes. Ce vendredi, à l'issue de ces trois jours, en appel, Lionel V., 82 ans, a été condamné à 18 ans de réclusion, pour des viols et abus sexuels sur sept femmes de sa famille, de 1968 à 2009.
La cour d'assises des Ardennes, à Charleville-Mézières, a condamné en appel Lionel V. à 18 ans de réclusion criminelle, ce vendredi 18 septembre, pour avoir abusé sexuellement et violé trois filles, trois petites-filles et une nièce, sur une durée de 42 ans. Fait rare pour les affaires d'inceste, ces trois jours de procès étaient ouverts au public. Deux sœurs jumelles, Faustine et Lisa, petites-filles de l'accusé, expliquent pourquoi il était important pour elles d'ouvrir les débats.
Le procès en première instance, en août 2025, s'était déroulé totalement à huis clos. Cette fois, il a été presque totalement public. Les sept parties civiles de ce procès ont trouvé un accord pour satisfaire tout le monde, avec leur avocate. Seule une fille de Lionel V. a demandé un huis clos partiel pour son témoignage.
"La culpabilité, la honte : ça change de camp""Parce que je veux que les victimes osent parler, aient le courage de venir témoigner pour que ces prédateurs soient enfin où ils doivent être, en prison", explique Faustine, petite-fille de l'accusé, aujourd'hui âgée de 30 ans. Pour sa sœur jumelle, Lisa, enfin, grâce à la libération de la parole : "ça change de camp. La culpabilité, la honte. C'est nous les victimes et lui le coupable."
"Nous, on a fait notre job à être courageuses, à venir devant la cour, l'affronter droit dans les yeux"Ce deuxième procès a été éprouvant pour ces sept femmes, il leur a été demandé, à chacune, de revenir sur les faits en détails, de remuer ainsi ces traumatismes. Pour Faustine, dans l'immédiat il est difficile d'y voir une utilité pour son cas personnel. Surtout qu'elle ressort "déçue et très en colère" du comportement "stoïque" de l'accusé pendant l'audience, qu'elle n'estime d'ailleurs "plus comme mon grand-père". "Malheureusement je pense qu'on ne gagnera pas à ce niveau-là. Mais en tout cas, nous, on a fait notre job à être courageuses, à venir devant la cour, l'affronter droit dans les yeux", ajoute-t-elle.
En revanche, la jeune femme voit dans ce procès une utilité pour la société : "J'espère que ça portera ses fruits pour les autres, que ça puisse évoluer au niveau de la société. Il ne faut pas avoir honte, parce que ce n'est pas vous le prédateur, mais c'est bien vous la victime."
"Venez parler s'il vous plaît, vous êtes légitimes, on vous croit. Ne laissez pas ces prédateurs dans la nature"Lisa explique que "quand on est petits, petites, on se dit que c'est de l'amour, que c'est normal et c'est ce qu'on pensait aussi." Aujourd'hui adulte, elle sait que ce que son grand-père lui a fait subir, ainsi qu'à sa marraine, sa mère, ses sœurs et ses tantes, n'est pas normal : "il faut en parler. Grâce aux articles, aux documentaires aujourd'hui, à la télé ou à la radio etc. C'est important de le dire haut et fort, c'est très important." En ouvrant ce procès au public, Faustine souhaite ainsi faire passer ce message aux autres victimes de violences sexuelles : "venez s'il vous plaît, vous êtes toutes légitimes, on vous croit. Ne laissez pas ces prédateurs dans la nature parce que c'est une protection pour vous et pour la société."
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Elles sont pour l'imprescriptibilité des faits de violences sexuelles sur mineursElles espèrent ainsi changer les mentalités, notamment autour du sujet de la prescription des faits de violences sexuelles sur mineurs. Dans ce procès, les faits étaient prescrits pour deux femmes, une fille et la nièce de l'accusé. Elles demandent toutes l'imprescriptibilité pour les faits de violences sexuelles sur mineurs, un sujet qui sera débattu à l'Assemblée, dès le mois d'octobre 2026, dans le cadre des débats sur la loi intégrale contre les violences sexuelles.
En première instance, Lionel V. avait été condamné à 16 ans de réclusion criminelle, il avait fait appel. Lors de ce deuxième procès, le ministère public avait requis 18 ans de réclusion criminelle, la cour d'assises a donc suivi ces réquisitions.
Justine, Cathy (nièce de l'accusé, et marraine de Lisa), et Lisa, devant le tribunal de Charleville-Mézières © Radio France - Sophie AllemandTous les vendredis, recevez le meilleur de la semaine d’ICI Champagne-Ardenne : certifié 100% local !
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