Les cours des légumes de saison flambent à Rungis avec une hausse moyenne de 17% en un an. Durement frappés par la canicule estivale, les maraîchers français accusent de lourdes pertes de récolte sans pouvoir compter...
Les cours des légumes de saison flambent à Rungis avec une hausse moyenne de 17% en un an. Durement frappés par la canicule estivale, les maraîchers français accusent de lourdes pertes de récolte sans pouvoir compter sur les importations européennes. Un choc agricole qui menace directement le budget des ménages.
Les prix de gros des légumes de saison ont bondi de 17 % en un an sur le marché de Rungis, selon une étude comparative publiée le 17 septembre 2026 par Que Choisir.
L’été 2026 restera comme une période noire pour les maraîchers de l’Hexagone. Les rendements ont chuté de 20 à 30 % en moyenne pour les carottes, les oignons, l’ail ou les échalotes.
Les pertes atteignent 50 % pour les haricots, les poireaux et les choux-fleurs, grimpant même jusqu’à 100 % pour les brocolis ou les petits fruits rouges dans certaines exploitations. La rhubarbe, les abricots du Sud-Ouest, les myrtilles et les pommes souffrent également d’un calibre nettement réduit.
Flambée ciblée sur les légumes de grosL’enquête a comparé les cours d’août 2026 à ceux d’août 2025 sur plus de deux cents références vendues au Marché d’Intérêt National (MIN) de Rungis, le principal pôle d’approvisionnement d’Île-de-France et du territoire national. Près de la moitié des produits analysés sont d’origine française, 10 % proviennent d’Espagne et 18 % du reste de l’Europe.
Les légumes subissent la plus forte pression avec 17 % de hausse moyenne : l’artichaut, la laitue, le poivron et la tomate figurent parmi les variétés les plus touchées. Les fruits limitent leur progression à 2 % en moyenne, malgré de fortes hausses sur la pastèque ou la myrtille. Les aromates avancent de 4 % et les champignons français de 6 %.
Rungis écarte tout risque de ruptureLa direction du marché de gros relativise toutefois la situation et exclut toute pénurie globale. Les tonnages livrés n’ont que très légèrement fléchi en août après des arrivages en hausse au début de l’été. Le MIN précise que l’approvisionnement national a été garanti sans envolée anormale des importations. Les volumes de certaines denrées comme le melon ou la courgette ont néanmoins reculé de 30 à 40 %.
Les distributeurs n’ont pas pu activer leur habituelle soupape de sécurité extérieure. Premier fournisseur de la France, l’Espagne a affronté des températures records et des incendies majeurs qui ont amputé ses cultures. Les Pays-Bas et la Belgique affichent aussi des prix en forte hausse. En parallèle, le renchérissement du pétrole pèse lourdement sur le coût du fret aérien pour les denrées exotiques.
L’élevage directement menacé par la sécheresseAu-delà des cultures végétales, trois millions de poulets de chair et 750 000 poules pondeuses ont péri lors de la canicule. Les prairies asséchées ont contraint les éleveurs à entamer leurs réserves hivernales de fourrage.
La récolte de maïs ensilage devant chuter d’un tiers, de nombreux exploitants vendent prématurément une part de leur bétail.