En Lot-et-Garonne, tous les syndicats agricoles s'unissent pour dénoncer l'aide de l'État et le plan Climat Adaptation Sécheresse Incendie (CASI) présentés lundi par le préfet. Ils jugent insuffisante l'aide de 3...
En Lot-et-Garonne, tous les syndicats agricoles s'unissent pour dénoncer l'aide de l'État et le plan Climat Adaptation Sécheresse Incendie (CASI) présentés lundi par le préfet. Ils jugent insuffisante l'aide de 3 millions d'euros pour les 3 515 agriculteurs du département. "853,48 € pour chaque exploitant ne suffiront pas", annoncent-ils en faisant des demandes précises. Le bras de fer est engagé.
"Nous ne pouvons pas cautionner cette mascarade. Alors que nos exploitations traversent des crises successives et que les trésoreries sont exsangues, l’État nous demande une nouvelle fois de nous contenter de miettes." En Lot-et-Garonne, il est exceptionnel que tous les syndicats agricoles signent un communiqué commun.
Lundi soir, après la présentation du plan Climat Adaptation Sécheresse Incendie (CASI) par le préfet du Lot-et-Garonne, la Confédération paysanne 47, la Coordination rurale 47, la FDSEA 47 et les Jeunes Agriculteurs 47 ont pourtant tous paraphé une déclaration commune.
"Cette enveloppe est tout simplement indécente au regard des difficultés rencontrées sur le terrain"Alors que l’État a débloqué plus d'1 milliard d’euros pour soutenir les trésoreries et relancer la production, les agriculteurs, épuisés après un été caniculaire et un hiver marqué par des intempéries dévastatrices, ont sorti les calculettes. "L’annonce avait de quoi faire rêver tous les secteurs, commentent-ils. Mais pour l’agriculture du Lot-et-Garonne, la réalité est tout autre : 3 millions d’euros d’aide d’urgence pour 3 515 agriculteurs, soit 853,48 € par exploitation. Cette enveloppe est tout simplement indécente au regard des difficultés rencontrées sur le terrain."
Les organisations redoutent également "un tri entre agriculteurs avec seulement quelques-uns sauvés, quand les autres seraient laissés sur le bord du chemin." Elles refusent cette logique. "L’enveloppe annoncée n’est pas à la hauteur de l’urgence. Et même abondée, elle ne le sera pas si les critères d’attribution conduisent à exclure une partie de nos agriculteurs."
"Nous ne voulons pas des dispositifs compliqués ni d'une nouvelle usine à gaz administrative"Les syndicats demandent un dégrèvement à 100 % de la taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFNB) sur les terres agricoles de l’ensemble des communes du département, pour les terres en cultures et les prairies. "Et l’aide au GNR doit être appliquée en pied de facture pour simplifier son accès." "Ce sont, assurent-ils, des mesures concrètes, simples et immédiatement lisibles pour les exploitants."
Alors que le préfet Bruno André a annoncé le lancement des ateliers de l'agriculture pour imaginer des solutions concrètes "à droit constant", les syndicats lui envoient un message unanime : "Nous ne voulons pas des dispositifs compliqués ni d'une nouvelle usine à gaz administrative." Et d'annoncer : "853,48 € pour chacun ne suffiront pas. Et si l’État considère que cette enveloppe doit être la réponse à l’urgence agricole, alors qu’il assume clairement les conséquences de ce choix."