Complexe à comprendre et à réunir autour de causes communes depuis des années, la filière équine mise sur de nouvelles directives pour se développer. Cette semaine, le Conseil des Équidés d'Occitanie, en partenariat...
l'essentiel Complexe à comprendre et à réunir autour de causes communes depuis des années, la filière équine mise sur de nouvelles directives pour se développer. Cette semaine, le Conseil des Équidés d'Occitanie, en partenariat avec la Région, a présenté à Lamillarié (Tarn) son nouveau plan d'action visant à dynamiser le secteur sur le plan professionnel, économique et touristique.
Sur les 80 hectares du Haras d'Alby, pas besoin de guide personnel pour découvrir les lieux. C'est Wouf, le chien de l'exploitation, qui se fait un malin plaisir de nous accompagner jusqu'au hangar central. À l'intérieur, impossible d'ignorer les hennissements des étalons dans leurs boxes. Certains ont même sorti leur tête, comme pour vous inspecter.
C'est ici que le Conseil des Équidés d'Occitanie (CEO) a tenu à se réunir. Après trois longues années de travail, ils dévoilent leur nouveau plan d'action 2026-2030 pour la filière équine. "La vraie difficulté, ça a été de réussir à prendre en compte toutes les réalités et toutes les faiblesses du domaine", explique Mathieu Albert, président du CEO.
210 millions d'euros de chiffre d'affairesUn milieu riche, mais surtout très présent dans toute l'Occitanie. Équithérapie, élevages, centres équestres, elle comptabilise 6 422 emplois en 2024 et représente plus de 210 millions de chiffre d'affaires. De fait, elle n'échappe pas aux mêmes contraintes que les autres secteurs agricoles : vieillissement des exploitations, revenus faibles, nouveaux enjeux environnementaux..."Il y a tout intérêt à la préserver", insiste Vincent Labarthe, vice-président de la Région Occitanie en charge de l'agriculture et de l'enseignement agricole.
Julien Bosc, propriétaire de l'exploitation, présente son élevage.
DDM - Julia Bartolini
Un des axes prioritaires de ce plan d'action : développer le tourisme équestre. "L'Occitanie a le potentiel de devenir une référence dans le domaine", explique Vincent Labarthe. Notamment à travers l'aménagement de sentiers dédiés aux balades/randonnées à cheval ou encore la création d'un label régional "Équidés d'Occitanie".
Donner envie aux jeunes exploitants de s'orienter dans le domaineLe dispositif entend également apporter un soutien aux structures équestres. En passant par des aides lors de l'achat de matériel pour l'entretien des animaux, la rénovation des bâtiments et la sécurité. "Pour cela, un groupe de travail sera formé avec toutes les parties volontaires pour réaliser une sorte d'inventaire des besoins généraux", affirme Mathieu Albert.
Ces mesures visent également à susciter des vocations chez les jeunes exploitants et à valoriser tous les maillons de la filière, y compris la boucherie chevaline. En grand besoin d'être relancé selon eux. Selon les données du secteur, près de 70 % de la viande chevaline consommée en France est importée, alors que l'élevage régional pourrait couvrir la demande locale.. Une ambition impossible à mener sans déconstruire les préjugés liés à la consommation de cette viande dans un premier temps.