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La 7e de Mahler par Paavo Järvi et la Tonnhalle Zurich : l’embellie se poursuit…

Дата публикации: 16-06-2026 02:12:25

Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n° 7 en si mineur, dite « Chant de la nuit ». Tonnhalle-Orchester Zürich, direction : Paavo Järvi. 1 CD Alpha Classics. Enregistré en Novembre 2024 à Zürich. Notice de présentation en français, anglais, allemand. Durée : 74:51
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Paavo Järvi à la tête de la Tonnhalle-Zurich poursuit son intégrale du corpus symphonique mahlérien avec cette Symphonie n° 7 qui s’inscrit dans la même veine que la Première et la Cinquième précédemment enregistrées.

Encore mal aimée jusqu’à une époque récente, peu jouée en concert, complexe et ambiguë, la Septième Symphonie de Gustav Mahler dissimule un message caché, celui de l’existence d’un ordre sous-jacent au chaos, dont le compositeur espagnol Luis de Pablo s’est fait l’écho il y a quelques années…Composée en 1905, créée à Prague par le compositeur en 1908, elle présente une architecture concentrique en cinq mouvements : deux allegros encadrant deux « Nachtmusik » autour d’un scherzo central ; une structure symétrique parfaitement organisée qui contraste avec un contenu musical complexe fait de dissonances, de modulations abruptes et  d’une tonalité fluctuante tendue comme un pont entre romantisme et modernité (la seconde école de Vienne n’est pas loin avec la Symphonie de chambre de Schoenberg…). Malgré son titre non authentique, elle exprime un long cheminement de l’ombre vers la lumière avant de s’achever sur un Final plein d’ambiguïté.

Paavo Järvi et son orchestre zurichois en livrent ici une interprétation qui s’inscrit dans la droite ligne des interprétations précédentes (Première et Cinquième) en termes de clarté, de lisibilité, de précision, de performances solistiques et de cohésion orchestrale. L’Allegro initial s’ouvre sur une entame mystérieuse du cor chargée d’inquiétude et de menaces qui se poursuit dans une sorte d’errance déstructurée, alternant section rapide et section plus méditative, progressant sur un rythme de marche funèbre où s’intercalent des épisodes d’une fluidité rêveuse (harpe) : un mouvement d’une grande complexité structurelle dont Järvi donne une vision très convaincante, chaotique mais, paradoxalement, parfaitement claire dans son organisation sonore, teintée d’accents expressionnistes bien contenus et de couleurs changeantes. Dans la Nachtmusik I, Järvi énumère à l’envi dans une atmosphère quelque peu fantomatique (cor) nombre de thèmes éminemment mahlériens comme autant de rappels des symphonies antérieures (notamment de la Première) : mouvements de danse (valse, marche), intonations militaires, tziganes, atmosphère Mitteleuropa et fête villageoise, dans un foisonnement musical un peu rustique (petite harmonie, cuivres) haut en couleurs. Le Scherzo central dont on admire la maitrise rythmique est également typiquement mahlérien, déroulant une valse envoutante et vénéneuse, bancale et pesante, interrompue en son mitan par un trio langoureux, sensuel et grinçant d’où émergent quelques traits circassiens et humoristiques. La Nachtmusik II est une sérénade amoureuse romantique à l’instrumentarium original (cordes, guitare, mandoline, cuivres, harpe) qui hésite entre élégance, délicatesse et trivial, mais qui manque peut-être un peu de passion. L’Allegro final, véritable pyrotechnie orchestrale d’une confondante virtuosité, fait sonner triomphalement les fanfares de cuivres dans une irradiante lumière marquant l’émergence de l’Ordre au sein du Chaos, une vision qui semble donner raison à Luis de Pablo, concluant dans la joie cette remarquable interprétation qui ne déparera pas aux côtés de Bernstein avec New-York, Abbado avec Berlin ou encore Rattle avec la Radio bavaroise… Une belle intégrale à suivre avec impatience et intérêt.

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