Dans le cadre d'une série de rencontres avec les familles d'accueil pour personnes âgées du Lot-et-Garonne, direction Duras, chez Jean-Marc et Béatrice Gibeaud, accueillants familiaux depuis deux décennies.
Dans le cadre d'une série de rencontres avec les familles d'accueil pour personnes âgées du Lot-et-Garonne, direction Duras, chez Jean-Marc et Béatrice Gibeaud, accueillants familiaux depuis deux décennies.
Fils d'agriculteurs, Jean-Marc Gibeaud, 55 ans, a grandi dans une maison où trois générations vivaient ensemble. « On était cul et chemise chemise » avec ses grands-parents, se souvient-il. Ce lien s'est rompu à 36 ans, quand un problème de dos le laisse inapte au travail agricole pendant plusieurs mois. C'est sa femme Béatrice qui lui souffle l'idée de devenir famille d'accueil. Un stage en maison de retraite scelle sa vocation, placé d'emblée « au couloir fin de vie ». « J'ai découvert quelque chose qui fait que ça fait vingt ans que je fais ce métier », raconte-t-il. Ce qu'il y trouve, c'est une forme d'humanité rare, faite de gestes lents et d'un regard qui, dit-il, « personne ne peut imaginer ».
Une vie à trois, en familleAgréé pour trois personnes maximum, le foyer fonctionne comme un vrai domicile partagé. « Ils vivent avec nous, ils partagent les repas avec nous » explique Jean-Marc, qui a transformé un garage en appartement pour que ses enfants gardent leur indépendance à l'arrivée des premiers résidents.
Béatrice, animatrice à la Marpa de Duras, complète ce quotidien. Aujourd'hui, la maison accueille Monique, 83 ans, arrivée il y a huit mois, et Gilbert, 83 ans. Chaque journée suit un rythme pensé pour recréer une harmonie familiale : petit déjeuner commun à 7 heures, jardin, cuisine partagée, sieste, puis sorties quand la chaleur le permet. « On fait un peu la vie comme autrefois », résume Béatrice.
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Un métier exigeant, peu connuDerrière cette chaleur, le couple insiste sur la charge réelle du métier. « On travaille vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept », rappelle Jean-Marc, qui peine à trouver des remplaçants fiables pour souffler quelques jours par mois. La confiance est absolue ou inexistante : « Si je n'ai pas deux cents pour cent confiance en la personne, ce n'est même pas la peine. »
Financièrement, le couple perçoit environ 2000 euros nets pour un tarif de 2500 euros bruts, réparti entre salaire, indemnités, loyer et entretien, en partie compensé par l'APA versée aux familles. Un cadre strict, fixé par un contrat national de treize pages, avec un mois d'essai et deux mois de préavis. Mais au delà des chiffres, c'est l'attachement qui domine. Après chaque départ, Jean-Marc dit prendre le temps de « faire son deuil », parfois en repeignant une chambre, avant d'accueillir quelqu'un d'autre. « On n'est pas des robots, il faut rester humain », conclut-il.