Вход на сайт

Просмотр новости

Найдите то, что Вас интересует

Q&A: Simplice Bambe sur les impacts miniers et la lutte pour la responsabilité en RDC

Дата публикации: 12-08-2026 19:13:01

This interview is also available in English here.   Les investissements dans le secteur extractif de la République démocratique du Congo (RDC) sont en forte croissance, avec des niveaux records de financement alloués à l’exploration et à la production minérale. Pourtant, les activités minières du pays restent extrêmement tendues. En juin 2026, de nouvelles études scientifiques […]

Основное содержимое страницы с новостью.

This interview is also available in English here 

Les investissements dans le secteur extractif de la République démocratique du Congo (RDC) sont en forte croissance, avec des niveaux records de financement alloués à l’exploration et à la production minérale. Pourtant, les activités minières du pays restent extrêmement tendues. En juin 2026, de nouvelles études scientifiques ont confirmer ce que les communautés proches des sites miniers de cobalt et de cuivre rapportent depuis des années : un air fortement pollué, une eau contaminée et une santé en dégradation — y compris des risques accrus de maladies pulmonaires, de problèmes cutanés et de dommages neurologiques.  

Africa Mining Watch (AFREWATCH) et EarthRights ont été des leaders dans l’enquête et la prise en charge des impacts de l’exploitation minière en RDC et ailleurs. En 2023, ils ont conjointement mis en place un programme de trois ans, l’École du fleuve Congo, qui a formé des leaders communautaires et des défenseurs en RDC à documenter les abus dans le secteur extractif et à réclamer un changement.  

Simplice Bambe est un journaliste, défenseur et ancien élève congolais de l’École du fleuve Congo. Son journalisme et son plaidoyer ont mis en lumière les impacts dévastateurs des activités extractives, notamment la dégradation de la rivière Mulungwishi et de la rivière Tshimbudji. Bambe s’est récemment entretenu avec Claire Doyle du Stimson Center au sujet de son travail mettant en valeur les expériences des communautés et de la revendication de la responsabilité face aux impacts miniers dans la région.  

Cette interview a été éditée pour des raisons de longueur et de clarté. Il s’agit de la première partie d’une série d’interviews en deux parties avec des anciens élèves de l’École du fleuve Congo. 

Doyle: Qu’est-ce qui vous a d’abord poussé à examiner les impacts négatifs de l’exploitation minière en RDC ? 

Bambe: Ce qui m’a motivé à sensibiliser, ce sont les souffrances des membres des communautés que j’ai constatées — au long de mes investigations en tant que journaliste — dans la totalité des communautés autour des grands projets miniers de cuivre et de cobalt dans notre région au sud-est de la République Démocratique du Congo (RDC). Aujourd’hui, la province du Lualaba est considérée comme la capitale mondiale du cobalt. Mais il y a des abus liés à l’exploitation, et les communautés qui sont autour des grands projets miniers sont en train de souffrir.  

Avant l’arrivée des entreprises minières, les gens vivaient librement et pleinement dans leur milieu naturel. Ils avaient des rivières, ils avaient des terres pour cultiver. Mais quand les grands projets miniers sont arrivés, la vie a changé. On pensait que l’exploitation minière allait apporter le bonheur à l’ensemble des communautés qui sont autour des projets miniers, mais on a constaté la détérioration des conditions de vie des communautés. Nous avons pris cette initiative de sensibiliser pour que [les communautés] sachent comment revendiquer leurs droits.  

Ici chez nous, tout le monde n’a pas fréquenté l’école, tout le monde n’est pas parti à l’université. Bien que la loi soit là, [il y a des personnes qui] ne connaissent pas leurs droits. Il fallait les sensibiliser, leur dire leurs droits [et] comment revendiquer leurs droits pour leur permettre de rester vigilants aux côtés des entreprises qui continuent de polluer notre environnement.   

Doyle: Que vivent ces communautés aujourd’hui ? Quels risques pour la santé et autres défis rencontrent-ils ? 

Bambe: La vie des membres des communautés [autour des grands projets miniers] est en train de se détériorer au fur et à mesure. Par example, il y a la disparition de la rivière Mulungwishi que nous avons enquêté et mis au clair pour que les autorités et d’autres ONG s’en prennent finalement de cette question.  La destruction et cette rivière a apporté beaucoup de problèmes, parce qu’il y avait deux communautés qui dépendaient de la rivière Mulungwishi pour faire leur activité agricole et vendre leurs légumes. 

Au-delà de cette situation, il y a la dévastation des terres avec l’expansion des projets miniers. Par exemple, la mine de cuivre de Kamoa, autour de Muvunda, est en train de s’étendre et les populations sont obligées de laisser la place à l’exploitation minière. Mais dans quelles conditions les populations doivent-elles être délocalisées ? Parfois, les délocalisations se font de manière forcée. Il y a des gens qui sont maintenant incapables de réorganiser leurs vies et d’accéder à leurs champs, et les communautés sont en train de perdre leurs moyens de subsistance. 

En ce qui concerne l’aspect sanitaire, on ne parle plus aujourd’hui de risques, car les conséquences sont désormais constatées à l’œil nu. Les populations autour des entreprises minières sont en train d’utiliser des eaux polluées tout en respirant un air endommagé par des substances toxiques. Les gens rapportent des saignements de nez, ainsi que des maladies qui détruisent la peau, surtout celle des plus jeunes. Les femmes et les adolescents font de plus en plus de témoignages sur l’apparition de petits boutons sur leurs parties intimes. Tout cela dépend de la qualité des eaux. Et les solutions n’arrivent toujours pas. Donc aujourd’hui, on ne parle plus de risque, mais d’un vrai fait qui détruit les vies dans notre société. 

Doyle: Comment l’École du fleuve Congo vous a-t-elle aidée à poursuivre votre travail de plaidoyer ? 

Bambe: En tant que journaliste, je connaissais un peu de choses sur l’exploitation minière, mais c’est grâce à l’École du Fleuve Congo que je suis devenue aiguisé sur la question minière. Dans la première édition, ils nous ont dit comment documenter l’effet des pollutions comme celui d’une rivière et comment faire les prélèvements des échantillons. On pensait qu’il fallait appartenir à une grande organisation, à une ONG, et avoir du matériel sophistiqué pour faire la documentation. Mais quand je suis arrivé à l’École du Fleuve Congo, on m’a dit qu’il n’était pas nécessaire d’avoir les matériels sophistiqués pour faire les prélèvements. Avec les bouteilles en plastique que nous avons ici, et d’autres objets moins coûteux, on peut documenter les violations ou abus causés par une entreprise minière. 

Pendant la deuxième édition, on a également parlé de la mobilisation ; comment mobiliser pour mener du plaidoyer. On m’a dit qui sont les personnes à alerter quand il y a des cas de pollution. Donc aujourd’hui, s’il y a un problème de pollution, je sais par où commencer. 

Doyle: Votre travail journalistique et de plaidoyer a contribué à révéler la disparition et la pollution des ressources en eau liées à l’exploitation minière, ainsi que les impacts sur la santé et les moyens de subsistance sur les communautés. Quelle a été la réaction à vos efforts dans la région ? 

Bambe: Négatives et positives. Les pollueurs ne veulent pas que les histoires de leur pollution sortent dehors de leur périmètre d’exploitation. Les compagnies font évacuer les eaux de leurs mines, ce sont souvent dans des milieux [difficiles à accéder], donc il faut avoir du courage pour y arriver. Mais nous avons quand même le courage de faire ce travail: d’arriver là, de prendre les preuves, et de revenir avec. 

Pour les membres de la société civile, ils sont étonnés par notre travail. Pour eux, c’est l’État qui devrait normalement faire la pression sur les entreprises afin de respecter les normes environnementales. Pour eux, notre travail est vraiment encourageant. Aujourd’hui, lorsque nous croisons des gens de la société civile, ils posent toujours des questions: “Est-ce que vous avez encore des nouvelles à nous donner? Avez-vous découvert encore autre chose?”  

[Il y a aussi] des membres des services Étatiques qui nous encouragent. En 2024  nous étions à Kinshasa [et] nous avons mené des plaidoyers. Nous étions au bureau du ministre des Mines et nous lui avons exposé les problèmes qui traversaient les communautés du Haut Katanga et du Lualaba. Le ministre lui-même a dit qu’il ne savait rien des conditions. Il a quitté Kinshasa, il est venu à Kolwezi et il est parti dans des villages pour voir les faits. Il a constaté que ce que nous avons dit était vrai. Il avait même donné l’ordre de délocaliser certaines communautés qui étaient beaucoup plus exposées à cette pollution. Mais il y a [d’autres membres du gouvernement] qui pensent que nous sommes en train de les exposer parce qu’ils ne font pas leur travail.  

Doyle: Quels défis continuez-vous à rencontrer ? 

Bambe: Les défis sont multiples. Il y a l’aspect sécuritaire. Il n’est pas facile d’initier des actions contre les entreprises. Nous sommes devenus suspects. Et pendant que je suis en train de vous parler là, il y a des gens qui ont mené des actions et qui sont en prison, dont nos amis de l’École du Fleuve Congo. 

[Il y a aussi des défis] liés à la documentation des impacts négatifs. Quand j’ai une information à publier, je dois faire le terrain, je dois voir la réalité, je dois sentir ce que je suis en train de décrire dans mes articles. Mais certains sites sont inaccessibles. [Et] nous n’avons pas toujours les moyens pour continuer à intensifier [notre] travail. 

Doyle: Quelles perspectives clés la communauté internationale de praticiens, chercheurs et décideurs devrait-elle tirer de ces expériences ? 

Bambe: L’exploitation minière se fait en RDC au mépris des vies humaines et des lois du pays. Il y a des entreprises en complicité avec des membres du gouvernement qui sont en train de violer les droits des communautés.  

Aujourd’hui, lorsqu’on parle de la RDC, on parle d’Ebola, on parle de la guerre qui sévit à l’Est depuis plus de 30 ans. Mais ce que [les gens] doivent aussi comprendre c’est que l’exploitation minière du cuivre et du cobalt continue également de faire les morts au sud-est de notre pays.  Dans plusieurs concessions minières, il y a des morts chaque jour. Malheureusement, ces décès sont passés sous silence par ceux qui devraient dénoncer, parce que dans leur complicité, ils bénéficient des abus de cette exploitation. 

Les conséquences touchent [aussi] déjà les écosystèmes du bassin du Congo. À cause de l’exploitation minière du cuivre et du cobalt, les forêts sont touchées. Il y a des rivières où il n’y a plus de poissons. Les déchets de l’exploitation minière sont déversés directement dans les rivières qui alimentent le fleuve Congo. Les autorités ou les membres de nos gouvernements ne parviennent pas à tout dire. Malheureusement, c’est dans ce contexte-là que nous sommes en train de vivre. En bref, c’est le revers de  la transition énergétique contre l’avenir de nos communautés. 

Claire Doyle est analyste de recherche chez le programme de sécurité environnementale du Stimson Center.

Simplice Bambe est journaliste et rédacteur en République démocratique du Congo, spécialisé dans les questions minières, environnementales, et des droits humains dans les provinces du Lualaba et du Haut-Katanga. Il couvre également l’actualité sociale, politique et sécuritaire de la RDC. Les écrits de Bambe ont été publiés dans Global Voices et La Guardia Magazine.

Sources: RAID.


Схожие новости

#Наименование новостиТональностьИнформативностьДата публикации
1Q&A: Simplice Bambe on Mining Impacts and the Fight for Accountability in the DRC09.9312-08-2026
2Rwanda: Mining Activity Rebounds As Output Jumps 20 Percent5723-06-2026
3Rwanda: How Digital Technologies Are Transforming Mining Performance5723-06-2026
4West Africa: gold rush reshapes the mining market [Business Africa]016.9913-08-2026
5Zimbabwe: Zimbabwe Moves to Digitise Mining Claims Under New Cadastre System5701-07-2026
6Scaling nature-based solutions for soil restoration in Malawi through adoption dynamics and soil carbon recovery018.1410-08-2026
7Change in livelihoods among participating communities in carbon projects in developing countries between 2015 and 2026: a systematic review0515-07-2026
8Environmental Security Weekly Watch July 20-24, 2026011.7824-07-2026
9Parliament passes Mines and Minerals Amendment Bill, empowering Centre to regulate state mining levies 06.2313-08-2026
10Projected Impacts in Land Use/Cover Change on Carbon Storage and Sequestration in Zambia: 2020-2050012.610-08-2026

Классификация: Экономика. Схожих патентов: 0. Схожих новостей: 10. Тональность: 0. Информативность: 8.97. Источник: www.newsecuritybeat.org.