Quand le différend devient conflit et qu’il tourne à l’obsession, les violences arrivent inévitablement et un passage au tribunal devient tout aussi incontournable.
Quand le différend devient conflit et qu’il tourne à l’obsession, les violences arrivent inévitablement et un passage au tribunal devient tout aussi incontournable.
L’un est le propriétaire des lieux, l’autre est son locataire, mais surtout, ils sont voisins. Si au début les deux parties s’entendaient à merveille, leurs relations se sont détériorées avec le temps. Elles ont tourné au vinaigre au point que le fils de la locataire et le propriétaire se sont vus condamnés pour violences réciproques avec l’interdiction d’entrer l’un et l’autre en contact.
À côté du local commercial qu’elle loue, la mère a installé un camping-car, son fils aussi en a déposé un. Sur sa partie, le propriétaire a un entrepôt et un terrain agricole, il y vient passer du temps avec ses petits-enfants. Chacun s’accuse de nuisances. L’un jetterait par exemple ses détritus sur le terrain de l’autre qui viendrait l’espionner et prendre des photos. Le fils s’exhiberait nu pour provoquer son voisin. Les problèmes ne manquent pas.
Ce 26 juillet, le propriétaire appelle la gendarmerie d’Argelès. Il accuse le fils de l’avoir agressé, menacé avec un bâton, de lui avoir jeté une barre de fer et d’avoir dégradé son hangar dans lequel il s’était réfugié. Sur ces entrefaites, le fils qui avait quitté les lieux revient sur place. Il est interpellé. Furieux, il hurle : "Vous allez avoir du travail quand je sortirai, je vais le tuer, l’égorger".
Vu ses antécédents, il se retrouve vite devant ses juges. "Il me provoquait derrière les gendarmes, je lui avais simplement dit de ne plus embêter ma mère".
"Une caméra de surveillance vous montre arriver vers lui avec un bâton", constate la présidente. "Il dit que vous avez baissé votre pantalon en vous exhibant. On a une image de vous nu".
"Il est venu me filmer alors que j’étais caché derrière mon camping-car. Il rôde autour de chez moi pour prendre des photos par les fenêtres".
En partie civile, Me Capsié pose la question : "Vit-il dans ce camping-car ? Le véhicule est maintenant parti, c’est vrai. Mais sa mère a élu domicile dans ce local de manière illicite".
"Le propriétaire ne peut pénétrer dans un lieu qu’il a loué", rétorque Me Akdag, "c’est une violation. Il ne l’aurait pas vu nu autrement. Donc il n’y a pas d’intention d’exhibition. Mon client l’a aperçu alors qu’il le filmait et est allé vers lui pour le faire stopper. C’est tout".
Le prévenu a été relaxé d’avoir bravé l’interdiction de contact car seul le juge d’application des peines est compétent dans ce cas, mais il a été condamné pour les dégâts et les violences à 9 mois aménageables avec interdiction de paraître sur la commune d’Argelès.