En pleine canicule, une trentaine de communes rurales de l’Hérault se retrouvent brutalement sans eau au robinet. Entre camions-citernes, élevages à sec et plans d’urgence, les autorités tâtonnent encore.
En pleine canicule, le département de l’Hérault voit une partie de ses robinets se vider. En effet, dans les Hauts-Cantons et le Minervois, une trentaine de communes sans eau potable subissent la sécheresse : sources asséchées, ruisseaux à sec, camions-citernes en rotation. Au Soulié, trois hameaux d’une cinquantaine d’habitants ne tiennent plus que grâce aux citernes tirées par tracteur. De ce fait, le Conseil départemental de l’Hérault, la préfecture et la Chambre d’agriculture multiplient les réponses d’urgence, entre ravitaillement en eau potable et aides aux éleveurs. Kléber Mesquida prévient déjà que si la sécheresse se prolonge en septembre, "ça risque de devenir compliqué" pour l’alimentation des habitants comme du bétail, avec en toile de fond la peur d’une rupture de ressource.
Sécheresse : des communes entières à secDans les Hauts Cantons et le Minervois, les captages n’alimentent plus les villages. Au Soulié, la mairie livre l’eau avec un tracteur et une citerne ; ailleurs, les deux camions-citernes achetés par le Département il y a une dizaine d’années tournent sans relâche. Midi Libre indique qu'au 10 août, ils avaient déjà livré 2 065 m³ d’eau, contre 1 744 m³ sur toute la saison 2025.
La canicule actuelle dépasse largement l’Hérault. Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, évoque un coût compris entre 10 et 15 milliards d'euros pour l’été et plus de 40 000 personnes déjà concernées par des coupures d’eau potable dans le pays.
Camions-citernes et élevages sous pressionPour le président du Conseil départemental Kléber Mesquida, les deux poids lourds achetés il y a dix ans se révèlent décisifs, selon un article de le quotidien ICI : "Un investissement judicieux. Au départ c'était pour du dépannage et on voit bien aujourd'hui leur utilité." Les tournées alimentent aussi des citernes pour le bétail, en appui d’une solidarité intercommunale qui permet aux communes en rupture d’obtenir gratuitement de l’eau potable.
Autour de La Salvetat-sur-Agout, de nombreux ruisseaux sont à sec, les prairies ont jauni et des éleveurs ont dû rentrer leurs troupeaux avec quatre mois d’avance, entamant l’affouragement hivernal. Face à cette détresse, la préfète de l'Hérault, Chantal Mauchet, mise sur la "loi d'urgence agricole" pour simplifier les ouvrages hydrauliques et renforcer dès septembre le stockage d’eau avec la Chambre d’agriculture.
Béziers et les retenues hivernalesEn ville, la sécheresse impose aussi de nouveaux réflexes. À Béziers, en alerte sécheresse renforcée, l’arrosage des jardins, le lavage des voitures au jet et le remplissage des piscines sont limités. La municipalité, labellisée "commune économe en eau", réutilise des eaux usées traitées pour les stades et la voirie, installe des bâches de 25 m³ et détecte les fuites grâce à des compteurs généralisés.
Kléber Mesquida et le président de la Chambre d’agriculture, Jérôme Despey, misent sur le Réseau hydraulique régional Aqua Domitia et sur les lacs de Vézoles et de la Raviège pour développer des retenues hivernales et la réutilisation des eaux usées. Pour Jérôme Despey, "stocker l'hiver quand il pleut, c'est du bon sens paysan". La préfecture s’appuie aussi sur le comité hydrologique CASH et sur VigiEau et Restreau 34 pour les restrictions locales.
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