Alors que des températures atteignent dans certaines villes des niveaux jamais mesurés, l’Ademe a publié le 17 juin un avis « pour rafraîchir durablement nos villes et villages ». Elle y alerte sur le besoin de « faire évoluer durablement les stratégies d’adaptation pour préserver nos cadres de vie ».
Le phénomène des îlots de chaleur urbains désigne les températures de l’air et de surface plus élevées en milieu urbain dans les centres-villes que dans les zones rurales environnantes, rappelle Météo-France, « surtout la nuit et pendant les périodes de canicule », comme actuellement. Une « sorte de dôme d’air » plus chaud couvre la ville, Météo-France évoquant aussi un effet de « bulle de chaleur ».
Concrètement, « de nombreux facteurs empêchent l’espace urbain de se refroidir tels que le modèle d’urbanisation, les revêtements des sols, la carence de végétalisation ou d’eau dans les espaces publics ». Météo-France a même publié un panorama des villes françaises exposées à cet effet, la population de Paris étant exposée à la plus forte intensité d’ICU.
Lorsque les conditions météorologiques sont « radiatives » (ciel clair avec peu ou pas de nuages, temps calme sans vent), l’écart de température entre le centre-ville et la périphérie rurale peut atteindre 5 °C à 10 °C la nuit, alerte l’Ademe. Le rafraîchissement biologique du métabolisme humain est bloqué durant les périodes caniculaires, en particulier lors des nuits dites « tropicales » (températures supérieures à 20 °C), ce qui empêche le corps humain de récupérer.
Le mécanisme de l’îlot de chaleur urbain °C 26 24 22 20 18 18 °C 25 °C 20 °C 18 °C Zone rurale Périphérie Zone commerciale Centre-ville Parc urbain Résidentiel Zone rurale Profil de la température de l’air, la nuit, du milieu rural au cœur urbain Schéma du mécanisme de l’îlot de chaleur urbain : la température de l’air est plus élevée au cœur de la ville que dans les zones rurales environnantes, l’écart pouvant atteindre 5 à 10 °C la nuit. (Source : Météo-France)Pour lutter contre ces îlots de chaleur urbains, le Cerema (expert public de l'adaptation des territoires au changement climatique) liste les principales recommandations suivantes :
Dans sa note, l’Ademe rappelle l’existence du service numérique « Plus fraîche ma ville », lancé en 2023 avec l’Association des maires de France (AMF) pour accompagner « tous les agents et élus désireux d’agir ». Plus de 100 collectivités ont été accompagnées dans ce cadre pour concevoir des projets de rafraîchissement urbain. Sans surprise, l’Agence de la transition écologique rappelle que « la transition vers une ville plus fraîche gagne en efficacité et en équité lorsqu’elle se co-construit dès l’amont avec les habitants, qui en sont les premiers bénéficiaires ».
En préambule de son avis, l’Ademe indique les 6 points clés suivants pour guider l’action publique dans les villes en matière d’adaptation au changement climatique.
« Sur les 51 vagues de chaleur recensées depuis 1947, plus de la moitié ont eu lieu depuis 2011 », rappelle l’Ademe. L’an dernier, l’été 2025 avait été « le troisième plus chaud enregistré en France depuis le début des mesures en 1900, avec 27 jours en conditions de vague de chaleur sur la seule saison estivale ».