Les publications s'arrêtent sur Connaissance des Énergies jusqu'au lundi 17 août 2026 (les dépêches de l'AFP relatives à l'actualité énergétique continueront d'ici là d'être mises en ligne sur notre site).
Comme lors des étés précédents, la rédaction vous propose de retrouver une sélection de 15 articles qui ont particulièrement retenu votre attention depuis le début de l'année. Extraits.
« La volonté américaine de contrôler à nouveau le pétrole du Venezuela a été clairement affichée par le Président Trump lors de l'intervention du 3 janvier 2026. Le Venezuela, rappelons-le, a été l'un des cinq pays fondateurs de l'OPEP en 1960, avec l'Arabie saoudite, l'Iran, l'Irak et le Koweït. Les deux ministres du Pétrole qui sont à l'origine de cette initiative et dont l'Histoire a retenu le nom sont le ministre saoudien Tariki et le ministre vénézuélien Perez-Alfonso.
Le Venezuela dispose aujourd'hui des premières réserves mondiales de pétrole et c'est un pétrole dont la qualité est parfaitement adaptée aux besoins du marché américain et à la structure du parc de raffinage des États-Unis : les raffineries américaines, notamment sur la côte du Golfe du Mexique, sont spécialement conçues pour traiter ce type de pétrole, elles disposent de complexes de craquage et d'hydrotraitement capables de transformer le pétrole lourd en produits raffinés comme l'essence, le diesel et le carburant aviation). »
En 2025, l'Union européenne a consacré 396 milliards d'euros à ses importations d'énergies fossiles tandis qu'elle a investi près de 330 milliards d'euros dans les énergies propres, selon les estimations du CREA. La facture des importations d'énergies fossiles avoisinerait ainsi près de 880 euros par citoyen de l'UE.
Sur ce total, 150 euros par personne auraient été consacrés à des importations provenant des États-Unis, pays qui devient le principal fournisseur d'énergies fossiles de l'UE pour la première fois, souligne le CREA. En 2025, les États-Unis ont fourni 19 % des importations d'énergies fossiles de l'Union européenne : les importations européennes provenant de ce pays ont augmenté de 7 %, portées par la hausse des livraisons de GNL.
Fin février 2026, nous avons interrogé Isabelle Moretti, spécialiste reconnue de l'hydrogène naturel, sur le développement de la filière. Elle nous indiquait alors que l'Australie et les États-Unis se trouvaient « au stade de la délinéation : les premiers puits ont été positifs et les opérateurs forent donc de nouveaux sur le même champ potentiel pour évaluer l'étendue des réserves et décider comment ils vont mettre en production ».
Elle y évoquait aussi les développements en France, alors que FDE (Française De l'Énergie), société menant des recherches sur l'hydrogène naturel en Moselle, évoquait de très importantes ressources dans cette zone, parlant même de la « plus grosse réserve d'hydrogène naturel au monde ».
Le gouvernement a présenté le 12 février dernier la 3e programmation pluriannuelle de l'énergie (« PPE 3 »), dont une première version avait été mise en consultation... fin 2024. Cette nouvelle PPE « fixe un cap clair », assure alors le gouvernement, à commencer par la hausse de « la production énergétique décarbonée, notamment électrique (entre 650 et 693 TWh en 2035, contre 544 TWh) ». Autrement dit, 19,5 % à 27,4 % de croissance en une décennie.
La « relance du nucléaire » est une évolution centrale de la PPE 3 par rapport à la précédente PPE (qui prévoyait la fermeture de 14 réacteurs nucléaires) : la nouvelle feuille de route a confirmé « la construction de 6 EPR 2 » et fixé pour objectif de décider en 2026 du lancement possible de la construction de 8 réacteurs supplémentaires.
« Désir d'agir est un bel exemple de démarche où l'engagement et la diplomatie se marient harmonieusement. Face aux reculs, pas seulement américains, de la lutte pour la protection de l'environnement, Stein van Oosteren a choisi de remettre de la sérénité dans le débat en le concentrant sur la ville. Pas question bien sûr de minimiser la gravité de la situation tant pour le climat que pour la biodiversité mais l'auteur nous invite à nous poser les questions de base, un peu oubliées dans la jungle des dénis, des fausses accusations ou des mensonges des climatosceptiques.
La première de ces questions de base est bien : « Quel avenir voulons-nous ? ». Nous avons à l'évidence beaucoup de mal à imaginer le futur, mais faisons l'exercice de savoir de quoi nous avons besoin ! Ce livre nous invite à travers 54 courts chapitres à une sorte d'introspection qui nous force en douceur à examiner nos mauvaises habitudes. »
Lire l'intégralité de la critique de Jean-Louis Caffier (3 mars 2026).
« L'obtention par Tesla d'une licence de fourniture d'électricité au Royaume-Uni en ce début d'année 2026 constitue un événement discret mais révélateur des transformations en cours dans les systèmes énergétiques avancés. Délivrée par le régulateur britannique Ofgem à la filiale Tesla Energy Ventures, cette autorisation permet désormais au groupe de commercialiser directement de l'électricité auprès de consommateurs britanniques.
À première vue, cette évolution pourrait apparaître comme une simple diversification d'un constructeur automobile vers les services énergétiques. En réalité, elle s'inscrit dans une stratégie plus profonde visant à intégrer l'ensemble de la chaîne de valeur de l'énergie électrique, depuis la production et le stockage jusqu'à l'optimisation de la consommation. Cette évolution illustre également un mouvement plus large : la progressive plateformisation du système énergétique, dans lequel la valeur ne se situe plus seulement dans la production d'énergie mais dans la capacité à orchestrer un écosystème d'équipements connectés, de données et d'algorithmes d'optimisation. »
En 2025, le parc mondial de véhicules électriques a permis d'éviter la consommation de « 1,7 million de barils de pétrole par jour dans le monde – contre 1,3 million de barils par jour en 2024 – un chiffre qui n'atteint pas encore les 20 millions de barils par jour de la demande totale de pétrole transitant par le détroit d'Ormuz, mais qui est presque aussi élevé que les 2,4 millions de barils par jour d'exportations iraniennes », indique Ember.
Sans surprise, le contexte de forte hausse et de volatilité des cours du pétrole est censé rendre « les véhicules électriques plus attractifs pour les consommateurs, car ils offrent une protection contre ces fluctuations », souligne George Husni, Head of Business Development Europe du cabinet LCP Delta. Mais il faut bien distinguer « deux temporalités », souligne Clément Molizon, délégué général de l'Avere-France : la réaction à court terme face à la forte hausse des prix des carburants et les mesures de plus long terme à mettre en œuvre.
Le pylône électrique fait partie intégrante du paysage de l'électrification accélérée souhaitée par la France. Le gestionnaire du réseau de transport d'électricité RTE a dévoilé le 22 avril dernier un nouveau modèle qui doit constituer « l'emblème de la transition énergétique ».
L'image du nouveau pylône « s'inspire de l'ondulation de la ligne, du dessin et de la souplesse des silhouettes du vivant, des courbes du végétal. La future signature du réseau véhiculera des valeurs de légèreté, de douceur, de pérennité et portera l'empreinte durable de la nature », indique RTE. Le projet lauréat optimise surtout le bilan carbone sur l'ensemble du cycle de vie de l'ouvrage, souligne-t-on chez le gestionnaire de réseau. La durée de vie attendue de l'ouvrage, qui sera composé à 80 % d'acier recyclé et de béton bas carbone recyclable, est de 100 ans.
« Aux États-Unis, la transition énergétique est entrée dans une phase paradoxale. Tandis que Washington réaffirme la primauté des hydrocarbures et démantèle plusieurs acquis climatiques, les énergies renouvelables continuent, elles, de progresser. Portées par les entreprises et les collectivités locales pour leur compétitivité, elles s'imposent aussi de plus en plus comme la seule réponse crédible à la soif énergétique des data centers.
Tandis que le débat sur la transition énergétique américaine se concentre encore largement sur la technologie, le capital et la volonté politique nécessaires pour résister au retour en force du fossile, un facteur décisif s'impose désormais dans l'équation : l'humain qui habite le lieu où cette transition doit s'incarner. Dans ce nouveau paysage, les développeurs ne peuvent plus traiter les oppositions locales comme un bruit de fond ou une résistance irrationnelle et négligeable. Le sol où s'implantent les projets n'est plus une simple surface à équiper, mais un espace vécu, chargé d'attachements, de mémoire et de pouvoir. L'Amérique électrique apprend ainsi que le territoire n'est pas la dernière étape de la transition énergétique, mais sa condition première : sans le consentement de ceux qui l'habitent, elle ne passe pas. »
L'OPEP+ a annoncé le 7 juin dernier une hausse de ses quotas de production en juillet, alors que le détroit d'Ormuz était toujours bloqué. Pour Jérôme Sabathier, chef du département Économie et évaluation environnementale chez IFP Énergies nouvelles, « l'écart entre quotas annoncés et production réelle est devenu béant : entre avril et juin, ces pays ont relevé leurs objectifs d'environ 600 kb/j, alors que leur production effective s'est effondrée avec la chute des exportations des pays du Golfe de près de 10 Mb/j ».
Il s'agit donc « surtout d'un signal politique : maintenir l'apparence d'une trajectoire de reconquête de parts de marché et préparer le terrain pour 2027 ». Jérôme Sabathier explique par ailleurs le départ des Emirats arabes unis de l'OPEP le 1er mai comme la conséquence de leur « frustration liée aux quotas : les Émirats ont massivement investi pour porter leur capacité au-delà de 4 Mb/j (objectif de 5 Mb/j en 2027), un niveau bien supérieur au plafond que leur imposait l'OPEP+ ».
« Plus d'équipes, plus de matches, plus de spectateurs, plus de retransmissions, plus de droits dérivés et de merchandising, tout cela pousse les bénéfices qui se compteront en milliards de dollars. Le Président de la Fifa, Gianni Infantino, ami de Donald Trump, a habilement joué au grand argentier du football mondial. Une partie des recettes est reversée à toutes les fédérations du monde, ce qui favorise évidemment la réélection de celui qui signe les chèques. Autre source de revenus : le sponsoring. Le journal Le Monde daté du 11 juin dernier raconte comment le pétrolier saoudien Aramco s'est engagé pour un montant de 10 milliards de dollars jusqu'en 2034, année de la Coupe du monde… en Arabie saoudite.
Avant cela, en 2030, la FIFA va faire encore plus fort en organisant le Mondial avec encore trois pays mais sur trois continents différents : l'Europe avec l'Espagne et le Portugal, l'Afrique avec le Maroc et l'Amérique du Sud avec trois matches disputés pour célébrer le centième anniversaire du Mondial inauguré en 1930 en Uruguay. Le plus triste dans cette histoire pour tous ceux qui aiment le football et s'intéressent un peu au climat, ce qui est mon cas, c'est que, en dehors des scientifiques qui ne sont pas écoutés mais plutôt méprisés, personne ne prend position ou n'exprime un quelconque sentiment sur cette aberration. »
En 2025, « toutes les principales sources d'énergie ont atteint des niveaux inédits de consommation » (le pétrole, le gaz et le solaire sont les trois principales filières dont la consommation a le plus progressé), selon le Statistical Review of World Energy publié fin juin 2026. Et ce, pour la deuxième année consécutive.
Bien que le rapport mette en avant que les filières renouvelables (hors hydroélectricité) ont davantage progressé que le pétrole ou le gaz pris séparément, ce niveau record de demande confirme que le monde n'est pas à proprement parler « en transition énergétique, ce qui nécessiterait le passage d'un système carboné à un système bas carbone, mais plutôt en diversification énergétique », comme le résument Marc-Antoine Eyl-Mazzega et Diana-Paula Gherasim dans leur ouvrage « Géopolitique du carbone ».
Le gouvernement a officialisé le 7 juillet la troisième édition du leasing social, en publiant une liste des voitures particulières électriques éligibles. Celle-ci comporte 20 modèles de voitures électriques avec différentes finitions possibles (« TVV »).
Le dispositif permettra à 50 000 nouveaux ménages modestes de louer des voitures électriques à un loyer réduit. Pour rappel, l'aide au leasing social 2026 est attribuée, sous condition de revenu et d'utilisation du véhicule (critère « Gros rouleur »), pour une location d'une durée d'au moins 36 mois.
« Le 30 juin 2026, le gouvernement du Québec a publié son premier Plan de gestion intégrée des ressources énergétiques 2026-2050 (PGIRE), un document qui fixe la trajectoire énergétique de la province jusqu'en 2050. Son objectif est d'assurer la sécurité d'approvisionnement et la résilience du système énergétique, d'accélérer la décarbonation de l'économie grâce au développement des énergies renouvelables et de maintenir des prix de l'énergie compétitifs.
Pour un lecteur français, le PGIRE constitue l'équivalent de la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE). Comme celle-ci, il présente les grandes orientations de la transition énergétique ainsi que les perspectives d'évolution de la consommation énergétique à l'horizon 2050. Au-delà de ses objectifs de sécurité énergétique et de décarbonation, le PGIRE marque surtout le passage du Québec d'une logique d'abondance électrique à une logique de gestion plus serrée des ressources disponibles. »
« D'après le baromètre du CITEPA, les émissions françaises de gaz à effet de serre ont reculé de 4,8 % au premier trimestre. C'est nettement plus rapide que la baisse de 2,1 % observée en 2025, et proche du rythme d'un peu plus de 5 % qu'il faudrait tenir d'ici 2030 pour respecter nos engagements climatiques.
Enfin une bonne nouvelle pour le climat ? Ce résultat tient beaucoup aux aléas de la météo, mais recouvre des évolutions positives dans l'industrie et les transports. Sur les trois premiers mois de l'année, les émissions liées au chauffage des bâtiments sont en baisse de plus de 10 %. Pour l'essentiel cela reflète la conjonction d'un double effet météorologique : en 2026, les mois de février et de mars ont été particulièrement doux ; les trois premiers mois de 2025 auxquels on se compare avaient au contraire été très froids (entraînant alors des hausses d'émission de plus de 5 % relativement au premier trimestre 2024). »
Lire l'intégralité de la tribune (9 juillet 2026).
Retour des publications de Connaissance des Énergies le lundi 17 août 2026. Bel été à toutes et à tous !
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